Monthly Archives: février 2013

Ridley Scott adapte une nouvelle fois Philip K. Dick pour SyFy

Le réalisateur de Blade Runner s’attaque cette fois au Maître du Haut Château pour une mini-série de quatre épisodes.

Annoncé depuis 2010, le projet d’adaptation du Maître du Haut Château (The Man in The High Castle) de Philip K. Dick reprend un peu de couleur. Le roman de l’auteur de science-fiction va faire l’objet d’une mini-série pour la chaîne SyFy. Et aux commandes, on retrouve rien de moins que Ridley Scott à la production via Scott Free et Franck Spotnitz (X-Files) au scénario.

Ce roman ambitieux nous plonge dans une réalité alternative dans laquelle l’Allemagne est ressortie vainqueur de la Seconde Guerre mondiale. Les Etats-Unis ont donc été répartis entre les différentes forces de l’Axe (l’Allemagne nazie à l’Est et le Japon impérial à l’Ouest). Quelques années plus tard, dans la partie nipponne, une rumeur étrange court. Un écrivain de science-fiction vivant dans un haut château aurait écrit un bouquin relatant la victoire des Alliés en 1945.

Sorti en 1962, Le Maître du Haut Château fut le lauréat 1963 du Prix Hugo du meilleur roman (dans le genre Fantasy et Science-Fiction). On espère ne pas attendre trop longtemps pour découvrir cette min-série en images.

Source : Deadline

Marianne

Dessin de la semaine : Hitchcock comme vous ne l’avez jamais vu…

… Et que vous n’avez jamais voulu le voir ! En exclu, découvrez la scène coupée du Biopic Hitchcock.

Critique : Lincoln, de Steven Spielberg

Ne vous fiez pas aux apparences. Dans Lincoln, de Steven Spielberg, le président au chapeau haut de forme n’est pas le héros. Le chef de la nation, interprété par un Daniel Day Lewis qui redonne tout son sens à l’expression force tranquille, cède sa place à une héroïne incontestable : l’histoire.

Dès la scène d’introduction, Spielberg nous entraîne au cœur de la Guerre de sécession. Une de ses batailles les plus meurtrières. Toutefois la comparaison avec l’ouverture emblématique d’Il faut sauver le soldat Ryan s’arrête là. Spielberg n’est pas dans le sensationnalisme brut. Il travaille juste sur une certaine forme de vérité. Des soldats noirs ont participé à cette bataille. Et les survivants auront droit à un aparté significatif avec le président. Le tout baigne dans une lumière légèrement surréaliste.

La lumière, pure, spectrale sera une constante durant tout le long métrage qui se passe en grande partie en intérieur. De l’intimité d’une chambre aux coulisses du Congrès, du calme du bureau présidentiel à l’agitation d’une soirée de gala… Et c’est dans ce décor quasi théâtral que va se jouer l’un des moments majeurs de l’histoire américaine : le vote de l’abolition de l’esclavage.

Ou pour être exact, l’ensemble des actions qui va mener à cette issue finale. Discussions, manipulations, compromissions, sacrifices… c’est tout le jeu politique qui nous est offert en spectacle pendant deux heures et demie. Et c’est là que les qualités de storytelling de Spielberg font alors toute la différence. Des dialogues fuselés, un montage précis, un casting impeccable (même pour des tout petits rôles) empêchent le film d’être abscons ou trop bavard. Il est au contraire fascinant et passionnant comme une partie d’échecs.

On aurait pût craindre, avec un tel sujet, de tomber dans une certaine forme d’angélisme. Ce n’est pas le cas. Même si l’ensemble des enjeux économiques qui ont conduit à l’abolition de l’esclavage ne sont pas tous détaillé, Spielberg ne fait pas non plus l’apologie de ces hommes. Il expose également leurs contradictions, les rendant d’autant plus humains.

Le réalisateur réussit donc à éviter le piège d’un sentimentalisme appuyé qui aurait altéré son propos. Il offre au contraire un huis clos palpitant dans les coulisses du pouvoir.

Marianne

Critique : 7 Psychopathes, de Martin McDonagh

Avec Seven Psychopaths, il ne peut pas y avoir de juste milieu : ça passe ou ça casse. On adore ou on déteste. On plonge dans cet univers mélancolique et hilarant ou on quitte la salle. C’était déjà le cas avec le déjanté Bons Baisers de Bruges (In Bruges).

Le pitch ? Marty, un scénariste irlandais, alcoolique et en manque d’inspiration se trouve mêlé à un trafic de kidnappings de chiens. Le titre de son scénario ? 7 Psychopathes. Son pitch ? Sept psychopathes se désintéressent de la violence et se réunissent dans le désert pour parler… On se doute que ces tueurs bouddhistes et autres quakers ne vont pas aller très loin. Heureusement, dans la vraie vie, ça ne passe pas du tout comme ça. Mais alors pas du tout.

Colin Farrell (Dead Man Down, Total Racall) joue avec naturel cet auteur qui broie trop de noir. Sam Rockwell est d’enfer en copain allumé et plein de bonne volonté. Christopher Walker déploie un charme qui, pour fané qu’il soit, opère toujours. Tom Waits est tout en dinguerie retenue. Seul Woody Harrelson déçoit un peu, car Dieu sait qu’il peut exceller dans le délire (Bienvenue à Zombie Land, 2012).

7 Psychopathes se tient sur la corde raide. Ce dernier opus est un peu moins réussi que Bons Baisers de Bruges. Le film aurait sans doute gagné en suspense avec un montage différent. L’essentiel, c’est pourtant que Martin McDonagh prenne des risques. Même si son humour parfois se casse la gueule.

Enfin non. L’essentiel essentiel, c’est que le lapin blanc sorte vivant du génial duel final. Car « dans ce film on ne tue pas les animaux. Juste les femmes. » Et les hommes aussi car, pour être tout à fait honnête, ils tombent comme des mouches. Ames sensibles et imperméables au second degré s’abstenir !

Laurence

Critique : Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow

Après nous avoir fait revivre à sa façon bien à elle les événements du 11 septembre 2001, Kathryn Bigelow nous entraîne dans les bas-fonds des salles de torture américaines et dans le sillage de Maya, une jeune femme de la CIA (Jessica Chastain, Mama), lancée dans la traque d’Oussama ben Laden.

Au fil des interrogatoires par les Américains et des attentats par les Islamistes, on perd le sens du bien et du mal. On ne supporte plus ce que les uns et les autres font, on ne tolère plus ce que les uns font aux autres. Ou l’on s’engourdit, et l’on s’habitue. Et l’on veut juste que le prisonnier avoue enfin. Et lorsque Amnar parle, c’est lavé,  devant un repas oriental,  lors d’une conversation normale.  (A noter qu’Ammar est formidablement interprété par le Français Reda Kateb.). L’extrême simplicité de ce repas, en contraste avec les scènes de tortures la précédant, est terrible.

Après ces aveux, l’enquête foisonnante s’enclenche, parfois difficile à comprendre dans tous ses détails  mais que l’on suit tout de même comme un thriller. Maya s’obstine dans sa quête, et c’est le portrait de cette obsession de femme dans un monde d’hommes que Kathryn Bigelow montre avant tout. Tenant tête à tous, suivant des pistes tenues, se battant pour trouver des crédits pour le matériel et les filatures, elle ne renoncera jamais à traquer son ennemi. Et finalement le débusque.

La longue scène d’attaque de la maison/forteresse pakistanaise où Ben Laden, entouré par sa famille, continuait à diriger Ai-Quaïda, est  filmée de main de maître par Kathryn Bigelow. Elle avait déjà traité les conflits moyen-orientaux dans Démineurs, ces soldats shootés à l’adrénaline, et sait conduire le spectateur jusqu’au bord de la catastrophe.  C’est une scène de nuit : les Américains attaquent avec des appareils de vision nocturne et ressemblent plus à des extra-terrestres qu’à des humains. Le choc entre ces deux adversaires,  entre ces deux civilisations est comme le fracas de deux mondes éloignés par des années-lumière qui s’affrontent. Et qui d’un coup se rapprochent lorsque que l’un des soldats tend un tube phosphorescent en signe d’apaisement à une des enfants.

Du côté de la réalisation, Kathryn Bigelow prend le contre-pied de ce qu’elle proposait dans Démineurs. Ici le sensationnalisme est mis de côté. Pas de surenchère. Juste des scènes qui s’enchaînent de manière précise, presque mécanique, dans l’ordre chronologique. Une précision qui ne nous empêche pas, par  moments, d’être perdu dans le temps et l’espace. Mais ne vous y trompez pas, derrière cette fonctionnalité apparente de la mise en scène, l’œil incisif de la cinéaste est toujours présent. Des plans anodins en apparence cachent en réalité des indices précieux sur la suite des évènements. Et lors de la scène du raid, Bigelow reprend pleinement les rênes alternant caméra aérienne et huis clos oppressant.

Maya pleure à la fin, seule dans un immense avion, auquel elle ne sait indiquer une direction, son ennemi abattu, son objectif atteint, sa vie privée de sens. Comme un symbole de l’Amérique post 2 mai 2011 ?

Laurence (et Marianne)

Critique : Hitchcock, de Sasha Gervas

Le film, qui retrace la création de Psychose, l’un des chefs-d’œuvre du maître du suspens, réussit à suivre quatre lignes narratives sans que le spectateur s’y perde. La vie du vrai tueur en série qui inspira le livre dont est tiré le film, l’histoire de la réalisation du film, les incertitudes du mariage d’Hitchcok avec Alma Reville, la vie plus secrète du réalisateur. L’ensemble est tressé suffisamment serré pour que l’on suive avec intérêt les problèmes financiers d’ « Hitch », ses démêlés avec la censure, ses relations à l’extrême limite de la perversion et du voyeurisme avec ses blondes actrices, ses doutes quant à son génie, ses incertitudes quant à la fidélité de son épouse…

Le film veut montrer l’envers du décor : le tyran derrière l’homme affable, la morale derrière le glamour des studios, la femme auteur derrière le génie, la terrible noirceur de la réalité derrière le chef-d’oeuvre. Mais la principale énigme : qu’est-ce qui, dans cette histoire, a hanté si fort Hitchcock qu’il ait pris tant de risques, reste en grande partie sans réponse. Si bien que le film, faute de prendre le risque de plonger dans les eaux noires des fantasmes du maître, reste une agréable comédie.

Laurence

 

Difficile pari que s’est lancé le réalisateur Sasha Gervas. Comment rentrer dans l’univers d’un des réalisateurs les plus respectés par les cinéphiles ? Et effectivement, Hitchcock, qui revient sur la genèse de Psychose, son chef-d’oeuvre, n’y parvient pas. La faute à un classicisme charmant mais sans âme, une construction narrative éparpillée, des rôles secondaires sans grande profondeur et des aléas conjugaux qui nous passionnent assez peu. Du côté de l’interprétation, si Scarlett Johansson et Helen Mirren  sont dans la retenue et la finesse, Anthony Hopkins se révèle un peu trop maniéré, même si cette impression se dilue au fur et à mesure du film.

Toutefois là où Gervas nous séduit, c’est dans son exploration des affres de la création, version Hitchcock. Obsessionnel, vivant des rêves éveillés, voyeur, toujours à la recherche de sa muse, chacune de ces saynètes donne un vrai sens au long métrage. Sans oublier, l’apothéose finale dans la salle de cinéma qui résonne comme une vraie mise en abyme sur le spectateur. Quel dommage que Gervas, à l’image d’Hitchcock avec Pyschose, n’est pas réussi à se réinventer !

Marianne

L’info en plus : Si vous êtes passionné par l’univers d’Alfred Hitchcock, sachez que la BBC a diffusé à la fin de l’année dernière un téléfilm intitulé The Girl. Cette création originale revenait sur une partie plus sombre de la vie du maître puisqu’elle évoquait sa relation tumultueuse avec  Tippi Hedren, l’héroïne des Oiseaux. En espérant pouvoir la découvrir bientôt en France.

Et dès le 18 mars, les Américains pourront replonger dans l’univers de Psychose grâce à la série Bates Motel qui reviendra sur les jeunes années de Norman Bates. Un peu réticente à l’annonce de ce projet, j’ai revu mon jugement après la diffusion des premières images et des trailers. Diffusé sur A&E, ce nouveau show affiche une esthétique prometteuse et une ambiance glauque.  Et cerise sur le gâteau , il réactualisera l’histoire en la situant de nos jours.

The Amazing Spider-Man 2 se précise

Il y a quelques jours, le tournage de The Amazing Spider-Man 2 débutait officiellement. Et Marc Webb, toujours derrière la caméra, semble avoir bien compris le pouvoir des réseaux sociaux. Afin de contenter les fans toujours en manque d’informations cruciales (ou pas !), le réalisateur twitte chaque jour une photo du tournage accompagnée d’un petit texte mystérieux. Il n’en fallait pas plus pour mettre la toile en émoi et créer son lot de rumeurs.

La première photo révélait ainsi que contrairement au premier épisode, The Amazing Spider man 2 sera tourné en pellicule et pas en numérique. Il sera donc convertit en 3D par la suite. La deuxième, intitulée « Oscorp »,  nous confirme que la firme de Norman Osborn sera bel et bien présente dans ce nouvel opus. Mais c’est avec la troisième photo, nommée « Happy Birthday » que le réalisateur a le plus intrigué. La photo dévoile un casier métallique sur lequel figure le numéro 14. Cela ressemble pour nous aux tiroirs anonymes et froids d’une morgue. Mais pour les amateurs purs et durs du comics, il s’agirait d’un indice indiquant la présence du méchant Venom dans le film. Le site Comingsoon a fait des recherches. Ils ont ainsi retrouvé une case de la BD Ultimate Spider Man ressemblant étrangement à la photo en question. Et dans le casier se trouvait justement ce qui allait devenir Venom.  Le site souligne que cette BD a été publiée pour la première fois en février 1988. Nous célébrons donc cette année, son 25ème anniversaire !

Coïncidence, spéculations de geeks ou vraie volonté de nous dévoiler quelques informations sur le film ? Difficile à dire. Toutefois après quelques recherches, il semble que l’anniversaire en question soit en fait celui de Dane DeHann (Chronicle) qui interprète Harry Osborn dans le film. Mais si ce jeu de piste vous passionne, n’hésitez pas à suivre Marc Webb sur Twitter et à faire part de toutes vos théories…

Du côté des informations officielles, on vous rappelle que The Amazing Spider-Man 2 réunira à nouveau Andrew Garfield, Emma Stone et Martin Sheen et qu’ils seront accompagnés de Jamie Fox (dans le rôle du méchant Electro), Paul Giametti (Rhino, un autre ennemi de l’homme araignée) et Shailene Woodley (Mary Jane Watson). L’actrice vue dans The Descendants n’aurait qu’un rôle secondaire dans le film mais son personnage serait appelé à prendre de l’ampleur dans le prochain épisode. De là à penser que le personnage de Gwen Stacy meure à la fin du film, il n’y a qu’un pas…

Pour terminer, un pitch officiel a été dévoilé. Dans The Amazing Spider-Man 2,  Peter Parker continue de mener une double vie bien chargée entre sa traque contre les criminels et sa relation amoureuse avec Gwen Stacy. S’il n’a pas oublié la promesse faite à son père, Peter ne peut se résoudre à rester loin de la jeune femme. Il va devoir faire face en plus à l’arrivée de deux nouveaux méchants (Electro et Rhino), au retour de son ami Harry Osborn ainsi qu’à des révélations sur son passé.

Rendez-vous dans les salles en France le 30 avril 2014 pour percer le mystère.

Marianne

 

La série de Jane Campion en images

Une mini série tournée en Nouvelle-Zélande par Jane Campion ça vous tente ? Ça tombe bien, la réalisatrice palmée pour La Leçon de Piano  retourne sur sa terre natale avec Top of the Lake. A mi chemin entre le polar et le récit initiatique, la série est baignée dans une ambiance onirique à la Twin Peaks.

On y suivra l’inspecteur Robin Griffith (Elizabeth Moss, bien loin des années 60 de Mad Men) chargée de retrouver une jeune fille enceinte de 12 ans et dont personne ne connait l’identité du père. Pour venir à bout de cette affaire, elle devra surmonter divers obstacles et assumer certaines vérités sur elle-même.

Au casting, on retrouvera également Holly Hunter (vu récemment dans La Firme), Peter Mullan (Tyrannosaur) ou encore Lucy Lawless (la série Spartacus).

Diffusée en Angleterre sur la BBC 2 et à partir du 18 mars sur Sundance Chanel aux Etats-Unis, les 7 épisodes de la série seront visibles en France sur Arte prochainement.

En attendant, découvrez la bande annonce.

 

 

Marianne

Sortie DVD : The Day, de Douglas Aarniokoski

Après une apocalypse dont on ne saura rien, cinq compagnons errent vers un but auquel ils osent à peine croire. Parce que l’un d’eux est malade, et que la pluie menace, ils se réfugient pour peu de temps dans une maison…

Même si l’on a un goût affirmé pour les films de fin du monde de seconde zone, The Day décevra si l’on attend un monde dominé par les vampires tel le Stake Land, de Jim Mickle ou les zombies tel le Exit Humanity, de John Geddes. Mais si l’on admire la Route, de John Hillcoat, on y trouvera son compte puisque l’atmosphère tourne au huis-clos entre humains, trop humains déterminés à survivre. Tourné en noir et blanc, austère, The Day pourrait prétendre au titre de spin-off du long métrage avec Viggo Mortensen. Car malgré un twist (plus ou moins prévisible) et quelques scènes gore, l’objet du film est d’abord de déterminer qui est prêt à quoi pour continuer à vivre. Et pourquoi, quand on a tant souffert et que l’avenir ne présage rien d’autre que des terreurs supplémentaires.

La photographie est belle, les acteurs sont à la hauteur, en particulier Ashley Bell (le Dernier Exorcisme), et l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé Dominic Monaghan (le Seigneur des anneaux, Lost).

En dépit d’un scénario assez faible, The Day est voir si l’on aime les films de fin du monde désespérés et sans effets spéciaux.

Laurence

The Master, de Paul Thomas Anderson

Après un début très prometteur, très « terrencemalickien », rappelant l’ambiance des premières images de la Ligne rouge (en plus folle), puis l’atmosphère des Moissons du ciel, The Master s’égare dans des méandres sans fin.

Sans fin parce que The Master peine à intéresser. Malgré un scénario puissant, malgré une photographie somptueuse, malgré un Joachim Phoenix impressionnant en puissante bête alcoolique, malgré une Amy Adams impeccable en épouse dominatrice… oui, malgré tout cela le film reste un bel objet froid. Comme des insectes qui se débattent sous un microscope, trop étranges et trop lointains, les protagonistes ne suscitent pas d’empathie. On se dit bien que tour à tour chacun d’eux pourrait être le maître mais ils n’émeuvent pas. On se demande qui croit en quoi, qui manipule qui mais puisque personne n’est sympathique (au sens fort du terme), peu importe. Ce trio fou d’amour, de jalousie, de pouvoir et de conditionnement laisse de marbre.

Et ce d’autant plus que Joaquin Phoenix éclipse Philipp Seymour Hoffman qui peine à être à la hauteur. The Master doit s’effacer et perd son prestige. Dès lors l’histoire de cette secte, appelée le Mouvement, s’affadit car il est difficile de croire que tant de gens aient suivi ce petit homme laid, sans charisme aucun.

Nécessairement l’histoire s’achève, et le film retourne à la scène de départ en un cercle désespérément clos. Cercle vain qui montre que si un homme ne parvient pas à trouver le sens de sa vie ici et maintenant, quelques milliards d’années et des millions d’autres existences ne lui suffiront pas.

Si l’on est un fan absolu de Joaquin Phoenix, cela suffit en soi pour courir voir le film : il est au sommet de son jeu d’acteur. Sinon une amante de sable, une réunion de la secte où les femmes présentes se déshabillent peu à peu au son du piano, une tentative de conditionnement au cours de laquelle les yeux d’Amy Adams changent de couleur, un rêve rouge dans un vieux cinéma et l’explosion de rage en prison (enfin !) justifient The Master.

Laurence