Monthly Archives: avril 2013

Critique : Iron Man 3, de Shane Black

Admettons-le tout de suite. Je ne suis pas une fan d’Iron Man. Non pas que le personnage n’ait pas d’intérêt. Robert Downey Jr. y imprime même sa nonchalance avec talent. Mais les deux premiers films manquaient d’un vrai univers filmique, se contentant d’être des divertissements rutilants.

Débarrassé de son réalisateur fan boy (Jon Favreau, qui joue un second rôle dans le film), Iron Man 3  prend clairement une nouvelle dimension. Il faut dire que le nouveau capitaine se nomme Shane Black. Soit le scénariste incontournable de tous les films d’action des années 80 (L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain…), ayant une petite faiblesse pour les héros torturés.

Justement, quand le long métrage commence, Tony Stark est traumatisé. Suite aux événements dépeints dans Avengers, il a perdu le sommeil. Pire, il souffre de crises d’angoisse. Son double d’acier semble être tout ce qui lui reste.

« Qui est l’homme derrière le masque ? » Voilà clairement la question que pose ce troisième épisode qui voit notre héros privé de sa précieuse armure  pendant une bonne partie du film. Shane Black revient ainsi aux fondamentaux, nous imposant une dichotomie entre l’être humain et la machine.

Rassurez-vous, malgré cette dimension psychanalytique, Iron Man 3  conserve son statut d’Entertainment Movie. Entre deux métaphores existentielles, le film nous offre des scènes d’action spectaculaires et haletantes. Contrairement à beaucoup d’exécutants hollywoodiens, Shane Black ne se contente pas de noyer le spectateur sous une masse d’effets pyrotechniques. Il prend soin au contraire de soigner son image pour qu’elle conserve toute sa lisibilité.

Concernant l’aspect humoristique du personnage, le cinéaste semble étrangement avoir perdu un peu de sa maîtrise. Le cynisme qui a fait sa marque de fabrique est toujours présent et certaines répliques font mouche. On appréciera particulièrement la satire d’une Amérique guerrière qui ne s’assume pas, au travers du  personnage de War Machine, rebaptisé Iron Patriot pour ne pas heurter les bonnes consciences… Mais ces petites touches humoristiques viennent aussi souvent rompre l’intensité dramatique de certaines scènes. Comme si le réalisateur venait nous rappeler sans cesse que tout ceci n’est que du cinéma…

Ce n’est pas le seul défaut de ce troisième épisode. Entre une intrigue un peu simple à résoudre et un méchant de pacotille, le scénario ne fait pas toujours dans la subtilité. Toutefois, cet Iron Man 3 est sans aucun doute le plus réussi des trois. Ne manquez pas sa scène de post-générique, savoureuse, qui fait le lien avec la nouvelle stratégie narrative de Marvel. Vivement la suite !

Marianne

Séries : La Vie en séries, un hors-série du quotidien le Monde

Le quotidien le Monde vient de consacrer un hors-série aux séries télé. Dexter et Emma Peel (de Chapeau melon et Bottes de cuir) se partagent les honneurs de la couverture. Une manière d’accorder enfin une consécration aux séries, hors du cercle des fans.

Analyses, enquêtes, entretiens, il y en pour tous les goûts… ou presque. Pour le Monde, dixit l’auteur Martin Winckler, auteur du Petit Eloge des séries télé (Folio, Gallimard), les séries doivent être « une manière d’appréhender le monde », et ne pas se contenter d’être du simple entertainement. Il n’est pas certain que Lost in Universes et le sérieux quotidien partagent tout à fait  la même définition de ce qui peut être considéré comme juste du divertissement. Il n’en reste pas moins que ce hors-série est tout à fait intéressant.

Un historique sur l’évolution des séries depuis la naissance de Chapeau melon et Bottes de cuir en 1961 ; un reportage d’Ariane Haudelet sur Treme en Nouvelle-Orléans ; une enquête sur Séries et Sociétés, un miroir mondialisé, de la même Ariane Haudelet avec Sarah Hatchuel et Sylvaine Bataille ; une étude sur les anti-héros du côté des hommes (The Shield, Dr House…) et les héroïnes au bord de la crise de nerfs du côté des femmes (United States of Tara, The Good Wife…) ; un entretien (entre autres) avec la comédienne britannique Chloë Chevigny à propos du remarquable Hit and Miss et un autre avec Matthew Weiner le créateur de Mad Men ; des articles questionnant les idéologies mises en oeuvre dans les séries aux Etats-Unis ; un point très complet des diverses productions mondiales (Europe du Nord, Turquie, France, Corée du Sud, Israël, Brésil)… Chacun trouvera nécessairement quelque chose de passionnant à lire ou à apprendre sur au moins une de ses séries chéries. Et en bonus, le top 20 des auteurs (ce qui nous a donné envie de vous présenter, nous aussi, nos sélections), un choix de DVD bizarrement assez limité, une bibliographie très tentante, et même un quiz pour savoir si vous êtes un(e) série maniaque calé(e) ou pas…

Laurence

Cannes 2013 : Quels films feront l’événement ?

Le Festival de Cannes commence dans trois semaines. Et déjà la planète cinéma est à l’affût de la moindre information sur la teneur de cette prochaine édition. Cette cuvée 2013 relèvera-t-elle le niveau d’une année 2012 jugée un peu pâle ? Premier bilan.

Inside Llewyn Davis, des Frères Coen.

Des habitués et quelques nouveaux  

Sur le papier, la sélection officielle fait bonne impression et promet même quelques surprises. Si beaucoup des habitués sont présents (Paolo Sorrentino, les frères Coen, Takashi Miike, Arnaud Desplechin…), des petits nouveaux auront les honneurs de la compétition officielle pour la première fois comme le cinéaste néerlandais Alex van Warmerdam (surtout connu en France pour Les Habitants), le Fançais Abdellatif Kechiche (L’Esquive) ou encore l’Iranien Asghar Farhadi (Une Séparation). Le Passé est son premier film tourné en France avec pour héroïne Bérénice Béjo, maîtresse de cérémonie l’an dernier. La comédienne Valérie Bruni-Tedeschi montera elle pour la première fois les marches en tant que réalisatrice. Elle sera la seule femme cinéaste en compétition officielle. Un Château en Italie s’inspire en partie de sa vie.


The Immigrant, de James Gray.

James Gray et Nicolas Winding Refn attendus

Personnellement, on espère que 2013 sera enfin l’année de la consécration pour James Gray (The Yard, Two Lovers),  toujours reparti bredouille. Il présentera The Immigrant, une fresque ambitieuse avec Marion Cotillard et son acteur fétiche Joaquim Phoenix. Le cinéaste américain sera doublement présent cette année puisque Blood Ties de Guillaume Canet qu’il a co-écrit avec le Français sera présenté hors-compétition. Le retour de Nicolas Winding Refn avec son Only God Forgive fait déjà couler beaucoup d’encre. Drive présenté en 2011 avait remporté le prix de la mise en scène et avait connu un grand succès critique et public. Les premières images, prometteuses, montrent un Ryan Gosling en mauvais état dans un Bangkok post-moderne.

Behind the Cambrella, de Steven Soderbergh.

Le dernier film de Steven Soderbergh

On notera le retour en sélection officielle de Steven Soderbergh pour ce qui s’annonce être son dernier film, ou plutôt téléfilm. Destiné au départ au grand écran, Behind the Cambrella, Ma vie avec Liberace sera diffusé au final sur la chaîne câblée HBO. Un choix que le cinéaste a dû prendre face aux nombreux refus des studios hollywoodiens de produire ce drame sur la star du piano des années 50 à 70, Libérace. Cette icône gay sera interprétée par Michaël Douglas. Matt Damon incarnera lui son amant.

L’info en plus : Behind the Cambrella ne sera pas le seul film de la compétition à traiter d’homosexualité. La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche est l’adaptation de la BD Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh sur une passion entre filles. Thierry Frémaux aurait-il un message à faire passer ?

La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche

Un air de polémique

Difficile de pronostiquer à l’avance les scandales cannois, on misera toutefois sur le nouveau François Ozon. Jeune et Jolie raconte le destin d’une jeune fille qui se prostitue pour le plaisir. Le retour de Roman Polanski (qui concourt pour la Pologne) avec La Vénus à la fourrure pourrait aussi faire parler de lui. Dans ce huis-clos, une jeune femme écervelée tente de convaincre un réalisateur qu’elle est la comédienne idéale pour jouer le rôle de l’héroïne du classique de la littérature érotique et masochiste, La Vénus à la fourrure.  

L’info de dernière minute : Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch a été ajouté à la dernière minute en compétition officielle. Si le pitch officiel est vague, ce film de vampires indépendant avec Tilda Swinton, Mia Wasikowska et Tom Hiddleston pourrait créer la surprise.

Only Lovers Left Alive, de Jim jarmusch.

Sur le front des sélections parallèles

Les sélections parallèles ont bien l’intention de faire parler d’elles aussi. D’ailleurs plusieurs longs métrages attendus dans le cadre de la compétition officielle y seront présentés. On pense notamment à Sofia Coppola qui ouvrira Un certain regard avec son ultra glamour The Bling Ring. Le cinéaste iranien Ari Foldman (Valse avec Bachir) aura les honneurs de l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs grâce à Congress. Ce long métrage animé avec Robin Wright est l’adaptation du livre de chevet du cinéaste, Le Congrès de futurologie de Stanislas Lem. Enfin, à la Semaine de la Critique, les séances spéciales ont retenu notre attention. On pourra y découvrir Ain’t Them Bodies Saint de David Lowery. Casey Affleck et Rooney Mara y jouent un couple séparé quand l’homme se retrouve en prison suite à un braquage. Les Rencontres de Minuit, de Yann Gonzalez (connu jusqu’à présent grâce à ses court-métrages à l’univers décalé) sera également présenté. Ce premier long ne devrait pas déroger à la règle.

 

Ain’t Them Bodies Saint, de David Lowery.

Un jury hétéroclite

Du côté du jury, le pape de la pop culture, Steven Spielberg, aura fort à faire pour trouver un consensus face à un jury composé de personnalités aussi différentes que l’actrice indienne Vydia Balan, la star australienne Nicole Kidman, l’acteur autrichien Christoph Waltz (lauréat du prix d’interprétation pour Inglourious Basterds), l’acteur réalisateur français Daniel Auteuil, le cinéaste roumain Cristian Mungiu (palmé pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), le réalisateur taïwanais Ang Lee (Life of Pi) et les réalisatrices Lynne Ramsey (Grand-Bretagne) et Naomie Kawase (Japon). Avec quatre femmes dans le jury (dont deux réalisatrices), l’absence de personnalités hors-normes (à l’image de Mc Solar ou Jean-Paul Gautier), Thierry Frémaux innove. Il semble vouloir se concentrer plus sur le cinéma que sur les paillettes. Voilà déjà une première piste sur la qualité de cette future édition.

Marianne

Séries : une sélection de Lost in Universes

A l’heure où le Forum des images organise le Festival Séries Mania et que même le très sérieux quotidien le Monde consacre un hors-série au sujet, nous avons eu envie de vous présenter nos vingt séries préférées, anciennes ou actuelles, par ordre de passion. Nous y avons ajouté nos mini-séries cultes, nos guilty pleasures et les séries que l’on a envie de voir. Peut-être serez-vous tenté de voir ou de revoir certaines d’entre elles… ou de toutes les regarder !

La top list de Marianne

  1. Lost  (LE grand classique : des survivants perdus sur une île mystérieuse)
  2. Mad Men (le milieu de la pub dans les années 60. Derrière son esthétique parfaite se joue un jeu sur les illusions, la solitude et la quête de rédemption)
  3. X-Files (la mère des séries de science-fiction et de la théorie du complot)
  4. Fringe (une des séries fantastiques héritières de X-Files, à la narration complexe, signée J.J. Abrams. Dystopie, univers parallèle, événements étranges… sont au programme)
  5. The Hour (journalisme, enquête policière et love story dans l’Angleterre des années 50.  A lire sur le blog The Hour, une série anglaise délicieuse)
  6. The Killing (une terrible et formidable enquête policière sur l’assassinat d’une jeune fille à Seattle pour les deux premières saisons, la poursuite d’un serial killer et une dénonciation de la situation des jeunes paumés de Seattle ainsi que de la peine de mort dans la troisième)
  7. True Blood (les vampires se déchaînent en Louisiane en compagnie de loup-garous et de sorcières. Une satire de l’Amérique profonde)
  8. Desperate Housewives (chronique intelligente de quatre femmes au foyer mélangeant humour et suspens)
  9. Magic City (le destin d’un gestionnaire de Palace et sa famille dans le Miami de la fin des années 50)
  10. Homeland (une série d’espionnage et d’amour sur les fantasmes sécuritaires de l’Amérique)
  11. Friends (le quotidien mouvementé de six amis new-yorkais)
  12. Being Human (version anglaise, la cohabitation existentielle d’un vampire, d’un fantôme et d’un loup-garou)
  13. Misfits (surtout les deux premières saisons, cinq délinquants se retrouvent dotés de super pouvoirs. Créatif et irrévérencieux)
  14. Game of Thrones (plus pour l’univers moyen-âgeux fantastique et les personnages que pour l’histoire de conquête en elle-même)
  15. The Big Bang Theory (les tribulations de quatre scientifiques geeks avec leur voisine blonde. Drôle et bourrée de références à la pop culture)
  16. Vampires Diairies (deux frères vampires tombent amoureux de la même fille. Sorcières et loup-garous ne se tardent pas à s’en mêler)
  17. Sherlock (une version anglaise et moderne des aventures de Sherlock Holmes)
  18. Glee (surtout les deux premières saisons, des ados loosers changent leur vie en participant à la chorale du lycée)
  19. Urgences (le drama médical par excellence des années 90 qui suit le quotidien du service des urgences d’un hôpital de Chicago)
  20. Real Humans (dans un univers parallèle, la société a créé des Robots humanoïdes à qui l’on confie les tâches ingrates. Certains vont se révolter contre cet asservissement. A lire sur le blog, Real Humans se dévoile sur Arte)

Ses mini-séries : The Lost Room (une mini-série fantastique où un père cherche sa fille disparue dans une chambre mystérieuse en s’aidant d’objets), Awake (une seule saison, un policier vit dans deux réalités alternatives sans savoir laquelle est le monde réel. Dans la première sa femme est morte, dans la seconde c’est son fils).

Ses séries guilty pleasure : Gossip Girl (chronique glamour et cruelle sur la jeunesse dorée new-yorkaise où la manipulation et les faux-semblants sont quotidiens), Buffy contre les vampires (entre tragédie et humour kitsch, les aventures du scooby-gang contre les démons sont définitivement cultes).

Les séries classiques qu’elle veut voir : Doctor Who, Downtown Abbey, Dexter, Six Feet Under, Oz.

La top list de Laurence

  1. Lost  (LE grand classique du fantastique : des survivants perdus sur une île mystérieuse)
  2. The Walking Dead (l’histoire d’un groupe de survivants dans un monde envahi par les zombies)
  3. X-Files (la mère des séries de science-fiction et de la théorie du complot)
  4. Sons of Anarchy (du génial Kurt Sutter, Hamlet chez les bikers en Californie, une histoire d’honneur, de famille et de politique)
  5. The Shield (du même Kurt Sutter, l’histoire d’amitié de quatre flics pourris, qui montre les bas-fonds et les gangs de Los Angeles)
  6. Fringe (une des séries fantastiques héritières de X-Files, à la narration complexe, signée J.J. Abrams. Dystopie, univers parallèle, événements étranges… sont au programme)
  7. Vampires Diairies (deux frères vampires tombent amoureux de la même fille. Sorcières et loup-garous ne se tardent pas à s’en mêler)
  8. True Blood (les vampires se déchaînent en Louisiane en compagnie de loup-garous et de sorcières. Une satire de l’Amérique profonde)
  9. Being Human (la version américaine de la cohabitation mouvementée d’un vampire, d’un fantôme et d’un loup-garou qui veulent préserver leur humanité)
  10. Supernatural (une autre série héritière directe de X-Files, les aventures des deux frères Winchester, chasseurs de monstres, fantômes, ghoules, djinns et autres vampires)
  11. Doctor Who (LA série de science-fiction anglaise avec voyages dans le temps, dans l’espace et monstres en tous genres)
  12. Oz (la vie quotidienne des détenus dans un quartier de haute-sécurité expérimental aux USA)
  13. Six Feet Under (la vie d’une famille dans un funérarium où chacun tente, tant bien que mal, de reconstruire sa vie après que le père soit mort)
  14. Haven (une agent du FBI vient enquêter dans une petite ville portuaire où des événements étranges se succèdent)
  15. La Caravane de l’étrange (un jeune homme est embauché dans un mystérieux cirque aux USA pendant le Grande Dépression)
  16. Survivors (une série anglaise, plus politique que d’aventures, où un groupe de personnes a priori sans points communs tente de survivre dans un monde détruit par la maladie et de le reconstruire)
  17. After Life (la difficile vie d’une médium harcelée par les morts, à propos de laquelle un psychologue sceptique écrit un livre)
  18. Dexter (l’histoire d’un serial killer exécutant d’autres tueurs tout en travaillant pour la police de Miami avec sa soeur. A lire sur le blog Dexter ; quel avenir pour le tueur en série ?)
  19. The Killing (une terrible et formidable enquête policière sur l’assassinat d’une jeune fille à Seattle dans les deux premières saisons, la poursuite d’un serial killer et une dénonciation de la situation des jeunes paumés de Seattle ainsi que de la peine de mort dans la troisième)
  20. Homeland (une série d’espionnage et d’amour sur les fantasmes sécuritaires de l’Amérique)

Ses mini-séries : The Lost Room (une mini-série fantastique géniale où un père cherche sa fille disparue dans une chambre mystérieuse en s’aidant d’objets aux pouvoirs étonnants), The Triangle (deux scientifiques, un médium et un journaliste essayent de découvrir ce qui se passe réellement dans le Triangle des Bermudes où les disparitions sont de plus en plus fréquentes), Hit and Miss (une série anglaise où une tueuse à gages transexuelle décide de s’occuper des enfants de son ex-femme), Harper’s Island (un serial killer exécute un par un les invités à un mariage dans une île), Profit (une seule courte saison racontant l’histoire d’un psychopathe prêt à tout pour réussir dans la multinationale sans scrupules qui l’emploie. Une formidable critique du capitalisme).

Ses séries guilty pleasure : Spartacus (le cauchemar ultra-violent et tragique de gladiateurs dans la Rome antique), Californication (la vie d’un brillant écrivain looser à Los Angeles, perdu après son divorce), Millénium (série ésotérique très inégale de Chris Carter, le créateur d’X-Files, avec tueurs, anges et démons).

Les séries classiques qu’elle veut voir : Twin Peaks, The Hour, Treme, Downtown Abbey, Boardwalk Empire.

Tombés des cieux

Falling into the Mundane World (Chutant dans le monde banal) est l’une des oeuvres de l’exposition Inflation ! organisée par Mobile M + à Hong Kong. Cette sculpture gonflable de l’artiste coréen Tam Wai Pingon est haute de cinq mètres. D’un noir luisant, cette blatte géante et ce corps humain semblent être tombés du ciel après un combat épique. Ou peut-être l’insecte servait-il de monture volante à ce demi-dieu à forme humanoïde. Ou sont-ils les seuls indices d’une invasion extra-terrestre ratée. Ou ont-ils surgis d’une autre dimension parallèle, plus magique que la nôtre, fracassés par la pesanteur et la gravité. Ou encore ne formaient-ils qu’une entité (Kafka n’est très pas loin, hello Gregor Samsa !). Ou… Bref une œuvre-univers autour de laquelle on pourra rêver à l’infini.

Falling into the Mundane World est à admirer avec cinq autres oeuvres géantes gonflables. Par exemple House of Treasures du Chinois Cao Fei, un cochon géant qui semble prêt à être dévoré. Quant à Sacrilege 2012, c’est une réplique grandeur nature du célèbre monument mégalithique de Stonehenge. Les visiteurs sont invités à grimper sur l’ensemble de structures circulaires et à rebondir. Cette oeuvre a été imaginée par l’artiste britannique Jeremy Deller

L’exposition sera visible jusqu’au 6 juin 2013 sur le site du futur Musée des arts de la culture visuelle, dans le West Kowloon Cultural District.

Laurence

Critique BD : Cœur de Pierre, de Séverine Gauthier et Jérémie Almanza

La BD jeunesse recèle parfois de vraies pépites. C’est le cas de ce Cœur de pierre, fruit de la collaboration entre  Séverine Gauthier (au stylo) et Jérémie Almanza (au pinceau). Si vous êtes des adeptes de la collection Métamorphoses de chez Soleil, vous connaissez déjà l’univers chimérique de Jérémie Almanza avec le roman graphique Eco.

Avec Cœur de Pierre, on retrouve toute la magie qui fait son style : son monde chamarré, ses traits sophistiqués, ses couleurs douces, ses personnages surréalistes. Il illustre ici la rencontre entre deux enfants opposés par nature. Un petite garçon au coeur de pierre et une petite fille au coeur d’artichaut. Le croisement entre les deux univers se fait par un jeu de nuances colorés et de détails de décors sublimes.

Difficile de ne pas être conquis par cette histoire d’amour écrite comme un poème, aux atours gothiques que Tim Burton n’aurait pas reniés. Elle prend en plus une tournure inattendue, symbole d’une grande partie des relations amoureuses.

A lire le soir aux marmots turbulents et sages ou pour tous ceux qui, comme nous, ont su conserver leur âme d’enfant…

Coeur de Pierre, Delcourt Jeunesse.

Marianne

Critique : Mariage à l’anglaise, de Dan Mazer

Avec son titre accrocheur breveté par des génies du Marketing, Mariage à l’anglaise (I Give It a Year en VO) tente de surfer sur la vague des comédies britanniques que l’on a tant aimées (Quatre Mariages et Un Enterrement en tête). Ne faisons pas durer le suspense trop longtemps. Le long métrage de Dan Mazer (scénariste de presque tous les films de Sacha Baron Cohen) n’en a ni le charme ni l’humour subtil.

Non  que le film ne recèle pas de vrais moments de comédie, mêlant quiproquos et dialogues hilarants mais à aucun moment l’impression de déjà-vu ne nous quitte. Le copain insupportable, les parents envahissants ou coincés, le beau gosse tentateur… toutes les figures classiques du genre répondent à l’appel. Et pour la plupart, ils manquent de réelle épaisseur (à part la sœur cynique et désabusée interprétée par Minnie Driver).

Plus ennuyeux pour une comédie, le ton général de Mariage à l’anglaise est bancal. Si le cinéaste réussit le portrait du couple et de ses petits travers, les gags plus premier degré pataugent dans un formalisme convenu. De la part du scénariste de Borat, on était en droit d’espérer une réelle maîtrise de ses scènes !

La tentative de déconstruction de la comédie romantique traditionnelle était par contre une idée prometteuse. Au lieu de nous raconter comment deux personnes s’éprennent l’une de l’autre, le film débute le jour de leur mariage. Mais dans son traitement, cette love story inversée perd en substance et en crédibilité, jusqu’à la scène finale totalement improbable… Même les deux héros de l’histoire campés par Rose Byrne et Rafe Spall n’ont pas l’air de trop y croire. Toutefois cette séquence a le mérite d’être moins prévisible que d’ordinaire. Il faudra s’en contenter.

Marianne

Critique : The Grandmaster, de Wong Kar-Wai

Indéniablement, The Grandmaster est magnifique. Rien que les scènes de combat sous la pluie et dans le jardin où pétales d’arbres et flocons de neige s’entremêlent sont sublimes.

Pour le reste, si l’on ne connaît rien ni au kung fu et à ses divers styles, ni à l’histoire de la Chine et au conflit sino-japonais, on se perd rapidement dans cette complexe histoire d’unification des arts martiaux du Nord et du Sud.

Les protagonistes ne vieillissent pas physiquement, ce qui permet difficilement de se retrouver dans les flash-backs. Surtout aucun d’eux ne semble évoluer psychiquement. Leurs motivations restent la plupart du temps obscures. Les combats attendus ne viennent pas.

Seul un amateur averti parviendra à saisir les subtilités de cet univers. Et donc sera capable de faire une juste critique de ce film très codifié. Ainsi il faut savoir que l’enfant qui apparaît dans les dernières minutes du film est le jeune Bruce Lee. Ip Man fut son maître. Ce n’est jamais dit, et tout est à l’avenant

Peut-être faudrait-il tout simplement visionner une autre version de ce Grandmaster. Wong Kar-Wai a connu des difficultés lors du montage et n’a cessé de le modifier : c’est plus qu’évident. On se prend à rêver d’une ambitieuse fresque hors normes de plusieurs heures.

Laurence

 

Critique : Les Ames vagabondes, d’Andrew Niccol

Les vampires mélancoliques et amoureux ne sont pas la seule obsession de Stephenie Meyer. Avec Les Âmes vagabondes (The Host) l’écrivaine mormone délaisse les bellâtres immortels de Twilight pour s’intéresser aux créatures venues d’ailleurs. Mais dans l’univers très rose bonbon de l’auteure, les extra-terrestres n’ont rien de commun avec les affreuses « bébêtes » créées par H. R. Giger dans Alien. Forme de vie supérieure à la nôtre, ils voyagent à travers l’espace, sous forme d’âmes, à la recherche de planètes à coloniser et d’hôtes à investir.

Dit comme ça, la référence à L’Invasion des profanateurs de sépultures de Jack Finney (adapté un nombre innombrables de fois au cinéma) s’impose. Mais le traitement imaginé par Stephenie Meyer et mis en images par Andrew Niccols (Time Out) diffère. Dès le début, la Terre est déjà sous leur contrôle. Mélanie (Saoirse Ronan), l’une des dernières humaines libres, est capturée et implantée. Et contrairement aux autres, malgré la présence de l’âme (Vagabonde/Gaby), l’esprit de la jeune-femme va résister…

Cette schizophrénie mentale, si simple dans le langage littéraire, devient un vrai défi à l’écran. Pourtant, le spectateur n’aura pas de mal à distinguer les deux héroïnes. Saoirse Ronan (Lovely Bones) incarne avec un certain naturel ce double rôle et parvient à rendre vivante chacune des deux personnalités.

Si ce procédé sonne juste, la mise en scène et l’univers créés par Andrew Niccols ne fonctionnent pas tout à fait. A l’image de son Bienvenue à Gattaca (1997), le cinéaste développe un monde déshumanisé, lisse et propre. Malheureusement, nous n’aurons qu’un très faible aperçu de cette nouvelle terre. Elle ne prend jamais vie.  Il essaie de donner le change en filmant magnifiquement le désert, trouve des astuces avec un mur à lucioles et détourne notre attention avec un plan magique sur un champ de blé blond. Mais rien n’y fait. La faute à des dialogues qui sonnent creux par moments, des séquences répétitives (oui, on a compris, ils ne disposaient pas d’un budget faramineux mais tout de même !) ou encore le personnage de Diane Kruger, assez caricatural.

Malgré tous ces défauts, je ne nie pas qu’il y ait quelque chose de profondément touchant dans cette histoire de résistance. Il y a une dimension poétique dans cet être humain qui refuse de se soumettre, même quand tous les espoirs semblent perdus. L’évolution de Vagabonde, sa relation avec Mélanie et les autres êtres humains constituent les vrais nœuds narratifs de l’histoire. Et le triangle amoureux, caractéristique endémique semble-t-il à tout récit pour adolescents, est traité d’une façon un peu différente.

En un mot, Les Ames vagabondes séduira davantage les amateurs du roman et d’histoires d’amour que les cinéphiles et les fans de science-fiction. Vous voilà prévenus.

Marianne

On peut critiquer autant que l’on voudra Stephenie Meyer : elle a le chic pour trouver des pitchs aussi originaux qu’invraisemblables… et pour les faire tenir debout contre vents et marées !

A condition qu’il se laisse porter par l’intrigue adolescente et qu’il ne soit pas follement exigeant, ces Ames vagabondes offriront au spectateur un moment pas désagréable avec une jeune héroïne voulant à tout prix réconcilier des ennemis mortels comme c’était déjà le cas dans Twilight quand Bella s’obstinait à allier vampires et loups-garous, des situations amoureuses incongrues, heureusement (un peu) plus érotisées que dans la saga vampirique, quelques très belles images d’un labyrinthe de grottes…

Et c’est à peu près tout.

Toutefois on y retrouve avec plaisir Max Irons (le fils de l’acteur Jeremy Irons), découvert dans le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke, et Jake Abel (Numéro Quatre).  Par considération pour le reste de sa carrière, on s’empressera d’oublier que Diane Kruger y joue la vilaine alien…

Laurence