Monthly Archives: janvier 2014

Critique : les Sorcières de Zugarramurdi, d’Alex de la Iglesia

Les brujas (sorcières, en espagnol) sont fort maltraitées en ce début d’années 2014. Après un très décevant Paranormal Activityces Sorcières de Zugarramurdi ne leur réservent pas un meilleur sort. Et si l’on n’attendait pas des miracles du spin off américain, les précédents films du réalisateur (Mes chers voisins, Le Crime Farpait) espagnol permettaient d’espérer un long-métrage ensorcelant.

Las ! Alex de la Iglesia a choisi la parodie pour traiter de la sorcellerie et ne s’en sort pas. Dès que le film trouve son rythme, il le pert dans des scènes qui ne parviennent jamais ni à être vraiment drôles, ni à faire vraiment peur. Les personnages sont tellement caricaturaux que le spectateur ne peut s’y attacher. Pire, il peine même à s’y intéresser (hormis le vieux fou du village et le fils torturé qui émeuvent).

De surcroît, le propos de la Iglesia est tellement anti-féministe que s’en est très vite décourageant. Un propos qui ne brille pas, en plus, par sa subtilité. En résumé, pour citer texto l’un des personnages masculins (qui sont tous quasi idiots et n’arrêtent pas de geindre) : « Quand les femmes parviennent à vous tenir par les couilles, elles les arrachent. D’un coup sec. » Peut-être les dialogues sont-ils plus caustiques en espagnol : les personnages parlent tellement et si rapidement que seule une partie en est traduite.

En revanche, en matière de fantastique proprement dit, la Déesse Mère est vraiment réussie. Impressionnante, répugnante, elle résume à la perfection le cauchemar de l’impitoyable mère archétypale destructrice.

Les prétendus sorciers et sorcières brûlées vifs pendant l’Inquisition espagnole au XVIIe siècle dans ce petit village méritaient un meilleur hommage. C’est d’autant plus dommage et incompréhensible que de la Iglesia connaît parfaitement son sujet comme il le prouve dans la longue interview qu’il a accordée à l’Ecran fantastique de ce mois de janvier. Sans doute n’est pas le Lars von Trier d’Antichrist ou le Roman Polanski du Bal des vampires qui veut…

Laurence

Preview 2014 : une série et un film de SF pour les Wachowski

Malgré le flop injuste de Cloud Atlas, les Wachowski ont conservé tout leur potentiel hollywoodien. Premièrement, car même si le film n’a pas brillé au box-office, il ne s’est pas non plus transformé en accident industriel (version John Carter de Andrew Staton). Ensuite parce que les critiques avaient accueilli le film de manière favorable.

Critique : La Vie rêvée de Walter Mitty, de Ben Stiller

Le premier film que l’on voit dans l’année peut-il donner le ton pour les 364 jours suivants ? Si c’est le cas, 2014 s’annonce enlevée, fantaisiste et originale. Car ce Walter Mitty signé Ben Stiller se vit comme une parenthèse enchantée. Avec ce personnage qui rêve (littéralement) sa vie au lieu de la vivre, le comédien/cinéaste a trouvé un nouvel alter ego.

Critique : Don Jon, de Joseph Gordon-Lewitt

Cette comédie dramatique est arrivée en forme de cadeau surprise de fin d’année. Un peu comme Happiness Therapy avait enchanté le début de 2013, Don Jon sait habilement retenir son public. Qui au tout début du film se demande un peu dans quel genre d’univers foutraque il est tombé, et à mille lieues de l’image plutôt classieuse et raffinée qu’offre habituellement Joseph Gordon-Lewitt (Inception, Looper, Lincoln).

Les meilleurs films de 2013

2014 est là. Mystérieuse, pleine de promesses. Mais avant de se tourner vers demain, comme au début de l’année dernière, un petit bilan annuel s’impose. Sur le papier 2013 était scintillante, remplie de films que Lost in Universes attendait avec impatience. On ne va pas vous mentir, beaucoup n’ont pas été à la hauteur de nos espérances. Tout simplement car si les univers graphiques sont le plus souvent splendides, les scénarios suivent rarement. Trop classique, trop caricatural, avec des personnages qui ont du mal à exister…

Documentaire : Week-end of a Champion, de Roman Polanski et Frank Simon

En 1971, Roman Polanski, fan de sport automobile, a filmé tout un week-end de courses en compagnie de son ami Jacky Stewart. Stewart est alors champion du monde de Formule 1. Beltoise, Pescarolo, Cevert, Jacky Ixx règnent sur les circuits. Grace de Monaco est glorieuse, Caroline a dix ans, Ringo Star est jeune et le mondes des courses une arène ultra-dangereuse. Plus qu’unn documentaire Week-end of a Champion est un film à suspense en forme de machine à remonter le temps.

Jane Campion, présidente du jury de Cannes 2014

Quelle belle nouvelle pour commencer 2014 ! La cinéaste néo-zélandaise Jane Campion vient d’être désignée pour présider le prochain Festival de Cannes. Soit la plus prestigieuse des manifestations de cinéma mondiale. Un festival dont elle peut se targuer d’être la seule femme à avoir obtenu la Palme d’or. C’était en 1993 pour le magnifique la Leçon de piano qui réunissait Holly Hunter, Harvey Keitel et la petite Anna Paquin (oui, la future Sookie de True Blood).

Critique série : Broadchurch

Quand la BBC décide de tourner son propre The Killing, cela donne Broadchurch. Après l’assassinat brutal d’un petit garçon, deux flics sont amenés à radioscoper tous les sales secrets d’une petite station balnéaire. Les fausses pistes se succèdent, les révélations s’enchaînent, les rumeurs de pédophilie s’envolent…

Séries : Lost in Universes craque pour… Bates Motel

Après True Blood, Lost in Universes s’est entiché de Bates Motel. Il faut dire que l’on adule le maître du suspense depuis longtemps. Mieux, Psychose figure en tête de liste de nos films préférés. Malheureusement le Hitchcock de Sacha Gervasi, qui revenait sur la genèse du projet, s’était révélé un peu décevant. Inutile de dire que l’on s’inquiétait de savoir ce qu’allait donner Bates Motel avec son titre prometteur et son pitch accrocheur. Eh bien, le résultat est assez enthousiasmant !

Critique : The Lunchbox, de Ritesh Batra

Bollywood ne produit pas que des comédies musicales colorées. Les cinéastes indiens sont capables de faire des films plus intimistes comme ce Lunchbox qui a enchanté la Croisette en mai dernier. Tout est dans le pitch. Une mère de famille délaissée tente de regagner le coeur de son mari en lui préparant des bons petits plats. Mais une erreur de livraison va tout changer. Les mets délicats arrivent sur le bureau d’un veuf bientôt à la retraite. Une belle relation épistolaire commence.