Black Mirror : la série qui fait débat

France 4 innove. A partir du 1er mai, la chaîne du groupe France Télévision va diffuser la série britannique Black Mirror. Un show différent de tout ce que vous avez pu voir. Sa thématique est particulièrement alléchante : s’interroger sur notre rapport aux nouvelles technologies.

Prévenons tous de suite les afficionados de MisfitsBeing Human et autre Skins, Black Mirror possède bien ce côté décalé qui fait le charme des séries anglaises, mais il s’agit d’une anthologie. C’est-à-dire que tous les épisodes que compte la série sont indépendants. A chaque fois, c’est une nouvelle histoire et de nouveaux personnages. Un peu comme Twilight Zone en son temps. Sauf que Black Mirror est une série d’anticipation, c’est à dire que son action se déroule dans une temporalité futuriste ou alternative.

Lost in Universes a eu la chance d’assister à la projection de deux épisodes de la première saison qui en compte trois. Première réaction ? C’est le choc. La série tente clairement de nous avertir des dangers créés par les nouvelles technologies. Et les scénaristes n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Le but est clair, mettre le spectateur mal à l’aise. Nous n’en dévoilerons pas trop pour ne pas éventer l’effet de surprise mais disons simplement que la série évoque sous toutes ses formes l’aspect du voyeurisme. Black Mirror pose intelligemment la question de notre dépendance à tous ces nouveaux appareils (réels comme fictionnels) qui font partie de notre vie.

Toutefois si le message est fort, le processus narratif est un peu moins abouti. Les auteurs cherchent à convaincre. Et pour défendre leurs idées, ils n’hésitent pas à nous montrer qu’un seul côté du prisme. Les intrigues bien qu’efficaces sont donc assez binaires. Pour marquer les esprits, la provocation est nécessaire mais en même temps, la fiction y perd en termes de pertinence et de crédibilité. Pourtant le créateur et scénariste Charlie Booker connaît bien son sujet puisqu’on lui doit la série déjantée Dead Set qui suivait les candidats d’une émission de télé-réalité essayant de survivre à une invasion de zombies.

Contrainte de temps oblige, les univers créés nous laissent également un goût d’inachevé. Les technologies imaginaires sont pourtant des points de départ parfaits pour concocter des mondes futuristes élaborés. On aurait voulu en savoir plus. Dommage que cela ne soit pas le but.

On en ressort tout de même en regardant soudainement avec méfiance notre dernier smartphone.

Marianne

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