Captain America : Civil War, de Joe et Anthony Russo

Après les origines story (comment je me suis retrouvé avec des super-pouvoirs), les crises existentielles (être ou ne pas être un super héros, that is the question…), Marvel rentre dans la période du conflit fraternel. Du choc des titans. Comme Batman vs Superman ? Oui mais pas tout à fait.

Répétition. Civil War commence sur les chapeaux de roue. Au menu, une course contre la montre pour empêcher de vilains terroristes de mettre leurs plans à exécution. Les héros sauvent la journée mais ça sera au prix de nombreuses vies humaines, dommage collatéral d’un conflit qui les dépasse. Les gouvernants décident alors de commencer à leur demander des comptes. Vous avez déjà vu ça quelque part ? C’est normal, Zack Snider abordait le même sujet dans son Batman vs Superman. Avec une petite différence tout de même car ici la question ne va pas simplement opposer deux hommes mais voir se confronter un groupe d’amis.

Plaisir coupable. Ce début ronronne un peu trop, car on sent bien qu’il est le pretexte un peu grossier d’un conflit que l’on voit venir de loin. Mais les frères Russo se révèlent plus habiles que prévu quand il s’agit de traiter ce conflit. Alors que les camps se forment, et que les nouveaux personnages de l’écurie Marvel font leur entrée (Black Panther, Spider Man, Ant Man, etc.), on attend la bataille qui arrive avec une certaine impatience. Et franchement, à moins d’être un affreux rabat-joie (ne mentez pas j’en connais beaucoup…), difficile de ne pas apprécier cette confrontation super-héroique. Surtout qu’elle manie autant l’action que les réparties goguenardes. A ce petit jeu-là, Spidey (Tom Holland qui aura bientôt ses propres aventures) et Ant Man (Paul Rudd) remportent la palme de l’humour.

Dilemme shakespearien. Mais si cette scène est une réussite du genre, aussi bien en termes de maîtrise de mise en scène que dans la faculté à donner à chaque personnage une vraie présence, ce ton léger a aussi un effet pervers : il prive de véritables enjeux dramatiques cette confrontation. La dernière partie du film devrait résonner comme une tragédie grecque. Mais au lieu de ça, les scénaristes s’en tirent avec une pirouette du style :  » Sans rancune, je t’aime quand même « . Un peu facile non, même pour un film de super-héros…

Marianne

Le film en bref : Plus réussi que l’Ere d’Ultron, Captain América : Civil War est un film de divertissement exalté qui s’amuse avec les icones de notre enfance. C’est plaisant mais on aurait aimé que les scénaristes osent casser les codes habituels pour nous amener sur le chemin plus risqué du drame.

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