Category Archives: Univers parallèles

Le point sur les projets d’adaptation autour de Stephen King

Dire que Stephen King est l’un des auteurs contemporain les plus prolifiques de sa génération est presque un euphémisme. En presque quarante ans de carrière, on lui doit pas moins de soixante-dix œuvres littéraires (roman, suites et nouvelles comprises). Il y a bien longtemps que les studios hollywoodiens se sont emparés de son œuvre, avec plus ou moins de réussite. Shining de Stanley Kubrick, Carrie de Brian De Palma ou encore Stand By Me et Misery de Rob Reiner sont restés dans les mémoires des cinéphiles. Difficile d’en dire autant des adaptations de Cujo, Charlie ou plus récemment de Dreamcatcher

Clip : Lily Collins incarne la Claudia Lewis de M83

Vous avez aimé Lily Collins en Blanche-Neige ? Vous l’adorerez en extraterrestre aux cheveux bleus. Vous avez été épaté par Israël Broussard dans The Bling Ring ? Il vous séduira en amoureux déconcerté de Claudia Lewis, un clip teen-movie SF.

Critique Livre : Divergent, de Veronica Roth

Dans la famille roman jeunesse avec univers dystopique, je demande Divergent de Veronica Roth. Depuis le succès de la saga Hunger Games de Suzanne Collins qui sacrifiait des adolescents en les enfermant dans un jeu de télé réalité mortel, les éditeurs (et les studios hollywoodiens par la même occasion) s’arrachent ces romans apocalyptiques.

Bande-annonce : les Derniers Jours, d’Alex et David Pastor

Les frères Pastor s’intéressent de nouveau à un univers en forme de fin du monde causée par un virus. Mais contrairement à Infectés (The Carriers) qui traitait le sujet par le biais d’un survival road movie à l’américaine avec Chris Pine (Star Trek Into Darkness) en vedette, les humains sont ici obligés de rester cloîtrés chez eux.

Soutenez SEAP, un projet d’émission autour du paranormal

Thomas Lebec a des idées. Plein d’idées ! Auteur, scénariste, réalisateur de fictions ou de documentaires, professeur de cinéma… ce stakhanoviste ne cesse du haut de ses 33 ans de trouver de nouveaux territoires à explorer. Cette fois-ci, c’est du côté du surnaturel que ses ambitions créatrices se sont posées. Rien de bien surprenant quand on connaît le garçon, persuadé en autres d’avoir écrasé un jour une fée en traversant la forêt de Brocéliande.

Son projet d’émission télé intitulé SEAP (Section d’enquête d’activité paranormale) s’inspire du concept anglo-saxon TAPS qui suit une équipe de chasseurs de fantômes sur les routes américaines. Pas question pour autant de faire du copier/coller. « Je souhaite développer une émission de divertissement à caractère scientifique, qui aura une personnalité propre », explique-t-il.

Parmi les changements annoncés, l’auteur promet moins de sensationnalisme. Hors de question de vendre du vent, toutes les expériences seront menées dans des conditions réalistes et authentifiées. D’ailleurs, pour que l’émission ne puisse pas être taxée de partisane, un enquêteur qui ne croit absolument pas à tous ces phénomènes inexpliqués sera intégré à l’équipe. L’émission mettra également plus l’accent sur l’histoire des lieux à visiter. Et pour pimenter le tout, le temps d’un épisode, une personnalité du show-biz, un médium ou un expert du domaine pourra rejoindre l’équipe. L’esthétique de l’émission fera partie intégrante du concept puisqu’elle entretiendra le mystère.

Malheureusement, pour donner vie à ce X-Files du réel, Thomas Lebec est confronté à un problème de taille : le financement. Les chaînes et les sociétés de production sont pour l’instant restées muettes aux appels de pied du jeune réalisateur. « Pour les convaincre, tourner un pilote est indispensable. Le système de co-funding qui permet aux fans de financer des films ou des artistes m’est apparu comme la solution idéale », assure Thomas Lebec.

Le principe est simple. Les particuliers sont incités à participer au financement du projet. Pour toute souscription financière (10 € de minimum), des contreparties sont prévues. Cela va du nom au générique à l’obtention d’un rôle sur le tournage. Vous ne serez débité que si la somme des 4 000 € est atteinte.

Un petit coup de pouce serait le bienvenu. 900 € ont déjà été collectés et il vous reste 43 jours pour participer. A vos dons sur Touscoprod.com

Marianne

Exposition : Keith Haring s’empare du Musée d’Art Moderne

Des traits simples mais incisifs, un univers minimaliste, figuratif et métaphorique, un message radical… Keith Haring a un style immédiatement reconnaissable. Obsédé par les invasions extraterrestres et les phallus géants, cet artiste ultra-sensible a révolutionné le monde du street art dans les années 80.

Sa soif d’expression était telle qu’il aimait à s’emparer des murs du métro, des squares et des buildings new-yorkais. Mais pas seulement. Au long de sa courte carrière, ce touche-à-tout a multiplié les supports. De la plus classique des toiles à la bâche qu’il affectionnait particulièrement en passant par les collages et même les sculptures, l’artiste a tout essayé.

La rétrospective que lui consacre, jusqu’au 18 août, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris restitue avec talent toute l’énergie créatrice de cet artiste iconoclaste. Dans un simple crayonné comme dans ses toiles aux formats extra-larges, le visiteur est guidé par un parcours thématique capable de susciter autant l’enthousiasme que le malaise.

Son génie se mesure en premier lieu par la justesse de son style. Entre son sens de l’épure, sa palette chromatique volontairement gaie et franche (composée à forte dominance de jaune, de rose, de rouge, de vert, de bleu…) et la récurrence de certaines figures (les silhouettes azimutées, le bébé radioactif, la soucoupe volante…), il affirme une technique sûre et une vraie personnalité dans ses œuvres.

Dans un second temps, c’est évidemment la pertinence de son message qui frappe. Qu’il dénonce la manipulation des médias, le capitalisme omniscient, le racisme, la religion ou encore la destruction de la planète, il ne retient pas son trait. Certaines toiles hanteront longtemps la psyché des visiteurs.

Malgré ses thématiques sombres, on perçoit dans ce fourmillement créatif une sensibilité hors du commun, qui le poussait à vouloir changer le monde. Malheureusement, le SIDA l’aura empêché de continuer ce cheminement artistique et politique dès 1990. Une vraie perte pour le monde de l’art contemporain.

En plus du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, le  Centquatre expose les toiles les plus grandes de l’artiste. Une belle manière de prolonger l’immersion dans le monde si particulier de Keith Haring.

Marianne

Critique Livre : Le Dernier Loup-Garou, de Glen Duncan

Les vampires sont passés de mode. Ou du moins sont sur le point de l’être. Alors que cela fait dix ans qu’ils règnent sans partage sur le monde fantastique (littérature, séries télé, films…), dans le roman de Glen Duncan, les immortels doivent se contenter de jouer les seconds rôles. L’auteur anglais, à qui l’on doit le très remarqué Moi Lucifer, a préféré faire de l’œil à une créature moins délicate, le Loup-Garou.

Avec plus de deux cents ans au compteur, Jack Marlowe n’est pas un lycanthrope comme les autres. Il est le dernier de son espèce. Parce qu’il est pourchassé par une organisation secrète impitoyable, la prochaine pleine lune pourrait bien être la dernière de sa longue existence. Avec un tel résumé, le lecteur peut penser qu’il va être le témoin d’une course contre la mort effrénée entre une bête livrée à elle-même et des assaillants sanguinaires. Eh bien, il n’en est rien. Glen Duncan prête sa plume malicieuse (le livre prend la forme d’un journal intime) à un loup-garou désabusé, qui a perdu tout intérêt pour la vie. Ne croyez pas pour autant qu’il a développé une empathie pour le suicide. Sans dieu, ni maître, ni amour, il est tout simplement las…

Ecrites avec une emphase et un pragmatisme salvateurs, les aventures de ce loup-garou en pleine introspection se dévorent avec délectation. La même délectation qui semble animer ces créatures quand elles dévorent des proies humaines, sous la lumière complice de la pleine lune. Glen Duncan, comme son personnage, n’a pas peur de ce que la bonne conscience réprouve. Les scènes de sexe sont explicites. Les têtes coupées et les giclées de sang éclaboussent sans complexes au moins la moitié des pages du livre. Une imagerie primaire qui n’empêche pas le romancier de nous livrer à d’autres moments une prose philosophico-existentielle.

Comme au théâtre, la structure narrative évoque un drame en trois actes, avec chacun son propre univers. Le premier ouvertement mélancolique et gothique cède la place à une deuxième partie pleine d’action, voire vidéoludique. Le troisième chapitre joue lui la carte du romantisme contemporain.

Jack Marlowe est un héros charismatique, imprégné autant que nous par la culture contemporaine. L’auteur s’amuse avec ces références incessantes à notre imaginaire collectif défini par les films, pour mieux les déconstruire. Cette mise en abyme permanente nous conduit vers un twist final habile et surtout très cinématographique. Selon la quatrième de couverture, Ridley Scott en personne aurait acquis les droits du bouquin pour en faire un film. La boucle serait bouclée. Pour donner vie à ce lycanthrope aussi rustre que tendre, un seul conseil : prendre un acteur viril. Un subtil mélange entre Hugh Jackman (version Wolverine) et Russel Crowe conviendrait pour moi à merveille. Deux autres tomes sont à paraître.

Marianne

 

Tombés des cieux

Falling into the Mundane World (Chutant dans le monde banal) est l’une des oeuvres de l’exposition Inflation ! organisée par Mobile M + à Hong Kong. Cette sculpture gonflable de l’artiste coréen Tam Wai Pingon est haute de cinq mètres. D’un noir luisant, cette blatte géante et ce corps humain semblent être tombés du ciel après un combat épique. Ou peut-être l’insecte servait-il de monture volante à ce demi-dieu à forme humanoïde. Ou sont-ils les seuls indices d’une invasion extra-terrestre ratée. Ou ont-ils surgis d’une autre dimension parallèle, plus magique que la nôtre, fracassés par la pesanteur et la gravité. Ou encore ne formaient-ils qu’une entité (Kafka n’est très pas loin, hello Gregor Samsa !). Ou… Bref une œuvre-univers autour de laquelle on pourra rêver à l’infini.

Falling into the Mundane World est à admirer avec cinq autres oeuvres géantes gonflables. Par exemple House of Treasures du Chinois Cao Fei, un cochon géant qui semble prêt à être dévoré. Quant à Sacrilege 2012, c’est une réplique grandeur nature du célèbre monument mégalithique de Stonehenge. Les visiteurs sont invités à grimper sur l’ensemble de structures circulaires et à rebondir. Cette oeuvre a été imaginée par l’artiste britannique Jeremy Deller

L’exposition sera visible jusqu’au 6 juin 2013 sur le site du futur Musée des arts de la culture visuelle, dans le West Kowloon Cultural District.

Laurence

Critique BD : Cœur de Pierre, de Séverine Gauthier et Jérémie Almanza

La BD jeunesse recèle parfois de vraies pépites. C’est le cas de ce Cœur de pierre, fruit de la collaboration entre  Séverine Gauthier (au stylo) et Jérémie Almanza (au pinceau). Si vous êtes des adeptes de la collection Métamorphoses de chez Soleil, vous connaissez déjà l’univers chimérique de Jérémie Almanza avec le roman graphique Eco.

Avec Cœur de Pierre, on retrouve toute la magie qui fait son style : son monde chamarré, ses traits sophistiqués, ses couleurs douces, ses personnages surréalistes. Il illustre ici la rencontre entre deux enfants opposés par nature. Un petite garçon au coeur de pierre et une petite fille au coeur d’artichaut. Le croisement entre les deux univers se fait par un jeu de nuances colorés et de détails de décors sublimes.

Difficile de ne pas être conquis par cette histoire d’amour écrite comme un poème, aux atours gothiques que Tim Burton n’aurait pas reniés. Elle prend en plus une tournure inattendue, symbole d’une grande partie des relations amoureuses.

A lire le soir aux marmots turbulents et sages ou pour tous ceux qui, comme nous, ont su conserver leur âme d’enfant…

Coeur de Pierre, Delcourt Jeunesse.

Marianne

Talent à suivre : Emeline Castaneda (Vidéo)

Lost in universes aime les créatifs possédant un monde bien à eux. Le destin a mis sur notre route Emeline Castaneda, jeune réalisatrice de talent qui essaie de se faire une place sur la planète cinéma. Pas facile quand on est une fille et qu’on a des idées qui sortent des sentiers « autorisants »  plébiscités par le tout puissant CNC.

Mais il en faut plus pour décourager la demoiselle. Art appliqués, design, mode, infographie, production, réalisation de costumes et de décors… notre jeune réalisatrice est une véritable artiste stakhanoviste. Après quelques hésitations, elle décide que son truc à elle, c’est la création d’univers. La réalisation est justement le moyen inespéré pour rassembler toutes ses compétences.

Emeline Castaneda signe d’abord un premier court-métrage intitulé Kaddish ! (prière des morts juive). Véritable film de genre, ce court, écrit dans le cadre d’un concours de scénarios, étonne autant par sa maîtrise formelle que par son twist final qui voit des zombies danser.

Le film n’est pour l’instant pas visible sur Internet, mais voici quelques photos qui posent l’esthétique de son image.

 

Après ce premier essai réussi (le film a notamment été sélectionné dans un Festival du Québec), la jeune femme se lance dans une nouvelle aventure, celle du clip non officiel. L’idée est d’illustrer la chanson d’un groupe pas encore très connu et d’y imprimer son style. Cette pratique devenue courante sur la Toile a permis à certains de se faire connaitre. Emeline Castaneda jette son dévolu sur la très chouette chanson des Concrete Knives, Brand New Start.  Pour information, ces derniers ont appréciés le résultat que vous pourrez découvrir juste en dessous.

Emeline Castaneda revendique totalement cette vision décalée du monde. Elle est à la recherche de l’élément visuel qui fera la différence, elle aime le comique de situation. « En fait, je n’aime pas un genre plus qu’un autre. Ce qui compte c’est le second degré et l’humour », confirme-t-elle avec un grand sourire.  Quand on voit le clip, on pense à Michel Gondry.

Au jeu des références, elle préfère Wes Anderson. Dans tous les cas, dans un paysage cinématographique français un peu sage, cet imaginaire solaire ne peut être que pleinement apprécié.

Emeline Castaneda travaille actuellement sur deux projets de long-métrages. A suivre….

Marianne