Category Archives: Chroniques

© KMBO / The Young Lady

Critique : The Young Lady, de William Oldroy

Si on devait résumer l’univers de The Young Lady en une phrase, on pourrait dire que c’est un peu comme si Shakespeare rencontrait Emilie Brontë. Deux références littéraires dont le britannique William Oldroy s’empare avec autant d’emphase que de modernité. Il faut dire que cette histoire de jeune épouse laissée pour compte par son mari et qui va s’amouracher du palefrenier comprend les bases de la tragédie classique à l’anglaise. Mais c’est un faux semblant. Car le film est en réalité une adaptation de Lady Macbeth du District de Mtsenk, un livre de Nicolaï Leskov qui raconte l’histoire de la première tueuse en série de la littérature russe. 

© Twentieth Century Fox France / Logan

Critique : Logan, de James Mangold

Le film de super-héros est devenu un genre à lui tout seul. On a eu droit aux origine story, aux sharing universes, au reboot et autres spin off. Avec Logan, James Mangold (qui avait déjà signé le précédent Le combat de l’immortel) vient d’inventer « le requiem story ». Où comment permettre à un personnage aimé de tous, le mythique Wolverine, de raccrocher les lames avec classe et panache. Et pas mal de têtes coupées…

© UFO Distribution

Critique: Fantastic Birthday, de Rosemary Myers

Un premier plan dans un premier film c’est un peu comme une carte de visite. On a une première impression sur l’univers d’un cinéaste. A l’écran, l’australienne Rosemary Myers filme Greta, en plan fixe, sur son banc, dans une cour d’école où elle ne connaît vraisemblablement personne. Tout est coloré. Les personnages dans le fond sont en mouvements. Et pourtant on sent déjà tout le poids qui pèse sur les épaules de la jeune Greta sur le point de fêter ses 15 ans. Une jolie entrée en matière. On gardera la carte de visite. 

© Momentum Pictures

Critique: Brimstone, de Martin Koolhoven

Le western est peut-être un genre moribond mais il inspire encore les réalisateurs contemporains. Pour son premier film américain, le néerlandais Martin Koolhoven a décidé de s’emparer des codes du genre pour mieux les réinventer. Ainsi il fait de Brimstone un western raconté d’un point de vue féminin. Un renversement de paradigme qui est l’un des points forts de ce long métrage porté par une Dakota Fanning impériale. 

© Mark Rogers / Lion

Critique : Lion, de Garth Davis

L’Inde. Un petit garçon orphelin. Dev Patel. Ces trois éléments riment pour tous les cinéphiles avec Slumdog Millionaire, conte exubérant à la sauce bollywoodienne signé Danny Boyle (Trance, Steve Jobs). En apparences, Lion de Garth Davis reprend les mêmes ingrédients. Mais cette histoire vraie d’un petit garçon indien perdu qui finit par retrouver sa famille 25 ans plus tard n’a au final que peu de rapport avec le feel good movie de Danny Boyle. 

© Kerry Brown, Courtesy FM Films

Critique : Silence, de Martin Scorsese

Martin Scorsese est un orfèvre du cinéma. Sa caméra avance comme d’autres dessinent, par des jeux d’ombre et des plans larges. Même s’il est davantage connu pour ses films de gangsters, Scorsese est un mystique. La religion reste même une de ses thématiques favorites (La Dernière Tentation du Christ, Kundun). Mais Silence ne parle pas vraiment de religion, il s’agit plutôt de foi, de doute et de questionnements. Au sens large du terme.

© SND/ La La Land

Critique : La La Land, de Damien Chazelle

Il y a des films qui sont des évidences. Et il suffit d’une scène à La La Land pour s’annoncer comme une grande oeuvre fiévreuse et enchantée. Sur une autoroute embouteillée de Los Angeles par une chaude journée hivernale, des gens se mettent à danser et à chanter dans des tenues colorées. La séquence semble tout droit sorti d’un film de Jacques Demi. C’est virtuose tout en sentant la sueur et la bonne humeur. Mais c’est surtout une merveilleuse façon d’introduire cette comédie musicale qui fait le lien entre le passé et le présent. 

©  A Monster Calls A.I.E /Quim Vives

Critique : Quelques minutes après minuit, de Juan Antonio Bayona

Comment supporter un deuil quand on est un enfant ? C’est à cette question délicate qu’à voulu répondre Shiobhan Dowd, auteur jeunesse britannique, qui était en train de mourir d’un cancer. Elle a donc eu l’idée de ce jeune garçon qui doit faire face à la maladie de sa mère et qui se réfugie dans un monde imaginaire pour fuir en apparence la réalité. Le résultat est un conte mi tragique mi fantastique dont le scénario à été écrit par Patrick Ness, l’auteur de la trilogie Le Chaos en marche (dont on attend l’adaptation prochainement).

© Sony Pictures Releasing France

Critique : Passagers, de Morten Tyldum

L’espace est le nouvel espace de jeux des cinéastes. Le développement des compétences techniques et le succès de Gravity expliquent en partie cet engouement. Mais c’est aussi parce que l’espace est comme dans la vraie vie un nouvel eldorado, regorgeant de possibilités narratives innovantes. Avec Passengers, Morten Tyldum (Imitation Game) imagine un vaisseau spatial en transit dans l’espace vers une lointaine planète. Pour une raison inconnue, deux passagers sont réveillés 90 ans trop tôt de leur sommeil artificiel, les condamnant à veiller et mourir seuls sur ce vaisseau.

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Critique : Your name, de Makoto Shinkai

Véritable phénomène au Japon, Your name arrive en France auréolé d’une excellente réputation. Déjà annoncé comme le nouveau Miyazaki (en même temps, on dit toujours ça quand un réalisateur japonais a la chance de voir son long métrage sortir en France…), Makoto Shinkai mélange onirisme, mystère et catastrophe naturelle dans une histoire d’amour exaltée. C’est intense, dramatique, fleur bleue et mémoriel… bref Your Name est totalement japonais et on adore ça !