Category Archives: Chroniques

Critique : L’Ile aux chiens, de Wes Anderson

Attention œuvre créative. Des plans symétriques. Des chiens qui parlent. Des couleurs vives. Et des humains déjantés. Pas de doute, L’île aux chiens est bien un film de Wes Anderson. Il signe cette fois ci une satire animée qui a du mordant. Un peu moins mélancolique que d’habitude mais empreint d’une vraie délicatesse.

Critique : Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand

Le réalisme social est-il soluble dans le cinéma grand public ? Xavier Legrand, dont c’est le premier long métrage, a une réponse directe à cette question : oui et mieux il prouve qu’une problématique sociétale comme la violence conjugale peut même être traitée comme un film de genre. Jusqu’à la garde, filmé avec une précision déconcertante, emprunte ainsi autant à la chronique sociale qu’au thriller et même à l’horreur. Mais c’est surtout du très grand cinéma.

Critique : Call Me by Your Name, de Luca Guadagnino

Le charme de l’Italie en plein été. Les années 80. Une invitation au désir. Deux hommes qui s’aiment. Et si le bonheur était aussi simple que dans le film de Luca Guadagnino ? Honnêtement on signerait tout de suite.

Critique : Le Grand Jeu, de Aaron Sorkin

Les premiers pas d’un scénariste chevronné à la mise en scène sont toujours un moment délicat. Aaron Sorkin (The Social Network, Steve Jobs), virtuose du rythme millimétré et des mots qui claquent, peut-il être aussi habile avec une caméra qu’il ne l’est avec la narration ? La réponse est complexe mais vous pouvez d’ors et déjà être rassuré : Le Grand Jeu est un vrai film d’Aaron Sorkin. Audacieux. Détaillé. Et percutant.

Critique : Three Billboards, de Martin McDonagh

Il y a des traductions qui devraient être interdites. Three Billboards, titre sobre en version originale, est devenu en français Les Panneaux de la colère. On dirait le nom d’un de ces téléfilms larmoyants que M6 diffusait en boucle dans les années 90. C’est d’autant plus mal choisi que le film de Martin McDonagh, drame rural qui emprunte aux frères Coen, se révèle être une chronique douce amère assez inattendue.

Critique : A Ghost Story, de David Lowery

Sur l’affiche de A Ghost Story, on voit un fantôme dans sa pure expression enfantine (un drap blanc avec deux trous béants au niveau des yeux). Cette représentation spectrale épurée sur un fond noir n’est pas le présage d’un film d’horreur, comme certains spectateurs égarés dans les salles ont pu le penser. Au contraire, cette affiche annonce un long métrage antispectaculaire dont le principal argument est le temps qui passe. Amateurs de frissons et de jumpscares, on vous invite à passer votre chemin. Mais si certains d’entre vous sont prêts à sortir de leur zone de confort, alors le voyage poétique de David Lowery vous attend patiemment.

Critique : Star Wars VIII, The Last Jedi, de Rian Johnson

Tambours et trompettes…  » Le Star Wars nouveau est arrivé « . Une promesse de joie et de félicité s’empare de la fanbase et des cinéphiles. Mais au même moment dans la twittosphère, la fureur embrase aussi le cœur des rageux. Alors qui faut-il croire se demande perplexe l’apprenti Jedi ?  » Croire votre cœur vous devez  » conseillerait Maître Yoda car Rian Johnson nous fait une vraie démonstration de cinéma. La preuve par trois.

Critique : The Florida Project, de Sean Baker

Floride, Magic Castle, hôtel de la banlieue de Disney World. C’est là que vit Moonee, petite fille de 6 ans au caractère bien trempé, avec sa jeune mère Haillee. Cette dernière est plus occupée à trouver différents moyens légaux de subsister qu’à surveiller de près sa progéniture. Moonee en profite pour faire les 400 coups avec ses compagnons d’infortune dans cette mini-citée colorée écrasée par le soleil.

Critique : Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Albert Dupontel n’a jamais rien fait comme les autres. Du moins dans le cinéma français. Et on l’en remercie. Pour cette première adaptation de sa carrière de cinéaste, Dupontel réussit un pari fou : respecter l’esprit du très joli livre de Pierre Lemaître tout en imposant un univers visuel et graphique très personnel. Du grand art.

Critique : Wind River, de Taylor Sheridan

Dans une réserve indienne du Wyoming, le corps sans vie d’une jeune fille est retrouvé dans la neige. Une jeune agent du FBI est dépêchée sur place. Elle va faire équipe avec le pisteur local pour élucider ce mystère. Le pitch de Wind River est accrocheur. Et en mêlant contexte social et trame policière, Taylor Sheridan (scénariste de Sicario et Comancheria) signe un polar efficace perdu dans l’immensité de la nature sauvage.