Critique : 300, la naissance d’un empire, de Noam Murro

Avec les films tels que 300, la naissance d’un empire il n’y a pas de demi-mesure : on adore ou on déteste. Rien ne convaincra les détracteurs du ralenti sanglant, du détournement historique, du beau mâle en slip de cuir brut. C’est regrettable car le nouvel opus des guerres médiques présente de notables qualités qui ne seront pas forcément non plus du goût des amateurs de la force brutale et du carnage tous azimuts.

Premier point innovant par rapport au long métrage précédent : en termes d’univers, cet opus adopte une allure fantastique qui n’est pas pour déplaire à Lost in Universes. Par le biais du rêve ou par celui de la religion, des créatures monstrueuses prennent vie sous nos yeux. Des murènes fabuleuses hantent les paysages sous-marins. Le jeune prince devient une déité qui fait songer (j’entends déjà les puristes hurler, bien sûr) aux flamboyances du Salammbô de Flaubert. La chef des ennemies armées (Eva Green) prend des allures de sorcière de conte gothique. Le chef costumier, l’Australien Michael Wilkinson (Watchmen, Sucker Punch, Man of Steel, bientôt Noé), et la maquilleuse Sidony Etherton se sont montrés très créatifs avec la conception tout en or de ce demi-dieu à moitié fou. Les robes d’Artémise évoquent celles de la vilaine reine de Blanche-Neige qui se sentirait parfaitement à l’aise dans un univers meurtrier et font ressortir la cruauté de la belle guerrière.

Car, et c’est la deuxième bonne idée de 300, la naissance d’un empire, une femme dirige la flotte ennemie. Elle n’a pas froid aux yeux et n’est pas devenue un monstre froid sans raison.

Troisième élément intéressant : on y parle démocratie et on y met en oeuvre des stratégies guerrières redoutables. La mise en scène est claire : le spectateur comprend aisément les manoeuvres de Thémistoclès. Et là encore 300 étonne avec le choix de Sullivan Stapleton (Gangster Squad, Animal Kingdom) pour jouer ce rôle. L’acteur australien ne fait pas étalage de son charme discret mais interprète avec élégance l’intelligence sobre du stratège athénien. C’est d’autant plus intéressant que, quatrième bon point, 300, la naissance d’un empire n’est pas -enfin – un film pudibond, frigide et asexué.

Bien évidemment ce ne sont là que des conflits très revisités : les amateurs de précisions historiques n’y trouveront pas leur bonheur. Mais la beauté de l’image et l’univers très sombre raviront les amateurs du genre. Ce qui ne sera pas forcément le cas avec la Légende d’Hercule ou Pompéi, autres péplums à l’écran ces temps-ci.

Laurence

Précision : Frank Miller qui a imaginé la BD est de nouveau au scénario (après avoir travaillé surWolverine : le combat de l’immortelet avant de scénariser le très attendu Sin City 3 : j’ai tué pour elle).

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