Critique : A War, de Tobias Lindholm

Pour Tobias Lindholm la vie est un combat. Après le film de prison (R) et le film de bateau pris en otage par des pirates (Hijacking), le cinéaste danois s’attaque au film de guerre. Enfin, A War est bien plus qu’un simple film de guerre, en réalité il s’intéresse aux conséquences contemporaines de la guerre sur les individus. Un constat implacable mené par Lindholm sans fioritures. 

Des conséquences de la guerre… Claus dirige une équipe de soldats en Afghanistan. Un jour, pris au piège dans une embuscade, il prend une décision pour sauver un de ses hommes blessés. Mais il va se retrouver accusé de crimes de guerre. A War pose une question très claire : la guerre peut-elle être faite sans erreurs ? Et surtout ceux qui commettent ses erreurs doivent-ils en payer les conséquences ? Spontanément, on a envie de répondre positivement à cette question. Et pourtant A War, sans porter de jugement moral, nous démontre qu’il n’existe pas de bonne réponse à cette question.

Précision de la mise en scène. Car A War n’a rien d’un film spectaculaire. La mise en scène de Lindholm est simple, précise, voire roide par moment. Tout comme ses personnages. On n’est pas dans Outrages de Brian de Palma avec les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Claus (excellent Pilou Asbæk vu dans Borgen et actuellement dans Game of Thrones) n’est qu’un homme comme les autres. Un père de famille et un bon soldat. Il n’a rien du criminel de guerre au sens classique du terme. Malgré tout, ses actions ont conduit à la mort d’innocents.

Un propos fort. A War est un film intelligent dont le propos se distille peu à peu. La première partie nous trimballe entre des scènes de missions en Afghanistan d’un côté et des scènes de vie familiale portées par la femme de Claus. Le parallèle est simple mais efficace. Si Claus se demande comment rester en vie, la mère de famille tente d’élever ses enfants avec un père au loin. Dans la seconde partie, Lindholm nous plonge dans le film de procès. Si sa mise en scène efficiente nous permet de prendre de la distance sur les événements, elle empêche aussi les sentiments de remonter à la surface. On aurait aimé un peu plus de séquences créatives à l’image de ce plan final sur les pieds d’un fils de Claus. Mais ça n’enlève rien à la justesse de ce long métrage.

Marianne

Le film en bref : Une réflexion intéressante sur les conséquences de la guerre dans le monde d’aujourd’hui. A la croisée entre le film de guerre et le film de procès, Lindholm livre un long métrage un peu roide mais jamais binaire sur la frontière entre le bien et le mal.


Photo : © StudioCanal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *