Critique : After my death, de Ui-Seok Kim

De nos jours en Corée du Sud, une lycéenne se suicide. Ce geste irrémédiable va entraîner une série de conséquences dramatiques sur son entourage. En particulier parmi ses camarades de classe. S’il fallait résumer le concept scénaristique de After my death, on pourrait parler de Whydunit, en opposition au classique Whodunit, trame addictive qui a fait ses preuves dans le genre policier.  Le pourquoi remplace le qui. Mais je vous promets que la réponse reste passionnante (à quelques abstractions près).

Toile narrative. En transférant le mystère sur le pourquoi, le cinéaste s’amuse à brouiller les pistes. Son intrigue ressemble à une toile d’araignée géante dans laquelle tous les personnages semblent attendre que les autres commettent une faute. Certains passent d’ailleurs soudainement du statut de bourreau à celui de victime ou vice et versa. Ce foisonnement de détails et de nœuds narratifs secondaires constituent la force et la faiblesse du long métrage. Il vous faudra être très attentif pour comprendre l’ensemble des enjeux qui se jouent à l’écran.

Les petites marionnettes. Ce questionnement psychologique semble surtout être l’occasion de dresser un portrait en creux de la société coréenne. Une société qui broie les individus et qui ne pardonne rien. Comme dans beaucoup de longs métrages coréens, les personnages ont une nature bigger than life qui finirait presque par les enfermer dans un stéréotype. Dans After my Death, le genre masculin ou féminin est associé à un vice particulier. Les femmes possèdent quasiment toutes des caractéristiques malfaisantes. Quant aux hommes, ils font preuve de lâcheté, apparaissent comme des figures désincarnées ou sont le jouet de ces dames. Comme dans un théâtre de marionnettes grandeur nature.

Violence. Malgré son allure de conte moral, After my death regarde la violence de ses contemporains droit dans les yeux. En n’éludant pas le malaise ou les maux d’une jeunesse qui semble sérieusement en manque de repères. Et ça fait clairement froid dans le dos. Beaucoup plus que dans n’importe quel film d’horreur contemporain.

Marianne

Le film en bref : un thriller coréen qui soulève les failles de la société coréenne et semble s’inquiéter de la violence de sa jeunesse. Les personnages bigger than life et le fourmillement de détails narratifs rendent parfois l’intrigue un peu absconse mais les thématiques soulevées restent passionnantes.

Photo : © Capricci 2018

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