Critique : Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E., de Guy Ritchie

Guy Ritchie est le maître du film cool. D’Arnaques, crimes et botanique à Sherlock Holmes en passant par RockNRolla et Snatch, il a l’art et la manière de transformer un polar en divertissement bondissant (bon à part Revolver, désolé, mais même après toutes ces années je n’ai toujours rien compris à ce film !). C’est ingénieux, enlevé mais surtout hors norme, voire un peu « crade » et irrévérencieux. Avec Agents très spéciaux, Guy Ritchie semble vouloir commencer une nouvelle ère : celle du fun classe. Explications. 

Adaptation. Guy Richie est confronté au même dilemme que tous les réalisateurs hollywoodien: créer ou continuer une franchise, that is the Question. Un Sherlock Holmes 3 n’étant pas pour l’instant dans les tuyaux, le cinéaste britannique a jeté son dévolu sur l’adaptation de The Man from U.N.C.L.E. Soit une vieille série télé, tout droit sortie des années 60, qui avait imaginé en pleine guerre froide la collaboration forcée entre un espion russe et un américain. Mais le cinéaste ne compte pas perdre son âme pour autant.

Envie de légèreté. Comme le récent Kingsman, Agents très spéciaux réinvente le film d’espionnage fun. Passé l’introduction « spectaculaire, mais pas trop », on comprend vite que le long métrage ne compte pas s’interroger vraiment sur les relations tendues entre l’Amérique et l’Union Soviétique. Le scénario comporte son lot de twists typiquement ritchiens (méfiez-vous des apparences) alors qu’il évite toute référence à la situation géopolitique. Bref c’est léger et enivrant comme une bulle de champagne.

Esprit sixties. Le cinéaste joue pleinement avec la nostalgie des années 60. Tout est beau, clinquant et forcément graphique. Le ton est caustique, voire burlesque dans certaines séquences. Henry Cavill (The Man of Steel) incarne un Napoleon Solo très bondien dans l’âme. Armie Hammer (sous-exploité depuis l’échec injuste de Lone Ranger) joue à merveille la fausse rigidité russe. Et la jeune Alicia Vikander (Mémoire de jeunesse, Ex-Machina) est tout simplement à croquer en héroïne en avance sur son temps. L’alchimie entre ces trois-là est évidente. Le dernier plan, espiègle, convoque toute l’aménité de ces personnages. Alors oui, pour une fois, si les dieux du box-office sont avec eux, on les suivrait bien dans une nouvelle aventure. 

Marianne

Le film en bref : Moins jouissif que Kingsman, Agents très spéciaux reste un film d’espionnage qui fait du cool et du classe un véritable argument marketing. A déguster sans modération à condition de préférer la légèreté au cynisme.

©-2014-Warner-Bros.-Entertainment-Inc.-and-Ratpac-Dune-Entertainment-LLC.jpg

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