Critique : Au bout du conte, d’Agnès Jaoui

Ce qui intéresse le plus la réalisatrice Agnès Jaoui ? Sans aucun doute, les gens. Ou plus exactement, leurs petits travers et autres arrangements avec la réalité. Dans Au bout du conte, elle s’interroge sur la croyance, sous toutes ses formes. Croire en Dieu. Croire en l’amour. Croire en soi. Croire en demain. Et même ne croire en rien !

Pour illustrer cette thématique, Agnès Jaoui utilise l’imaginaire du conte de fées. Les transitions entre chaque scène, travaillées comme des tableaux impressionnistes, plantent le décor.  Dans le cadre, elle glisse quelques objets hétéroclites liés à cet univers  : l’horloge du lapin d’Alice au Pays des Merveilles, un poisson ballon qui ressemble étrangement à Némo, une chaussure oubliée sur un escalier… Certains de ses personnages incarnent aussi les grandes figures archétypales du genre (le grand méchant loup, la méchante reine, le petit chaperon rouge…).

Evidemment, la cinéaste s’amuse à prendre le contre-pied de ces fables, pour mieux souligner les maux du XXIe siècle. Au-delà de ces moqueries féeriques, Agnès Jaoui réussit une fois de plus ses dialogues. Drôles, crédibles et touchants, elle fait mouche dans chaque scène.

Au final, l’ensemble de ces petites saynètes composent un long métrage sympathique. Même si l’on aurait aimé qu’il ait un peu plus d’ambition que celle de nous faire rire.

Marianne

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