Critique : Avengers : l’ère d’Ultron, de Joss Whedon

Marvel étant devenu le maître du blockbuster hollywoodien, chaque nouveau film est événement. A Lost in Universes, on apprécie surtout la dimension narrative de la maison des idées qui se décline désormais dans tous les films et séries de la firme.

Avec le premier Avengers, Joss Whedon avait relevé un défi de taille. Le long métrage était loin d’être parfait mais le cinéaste avait réussi l’essentiel : composer un univers cohérent en ne sacrifiant aucun personnage (enfin presque…). Les films de la phase 2 de Marvel qui ont suivi ont globalement tous gagné en densité  (Thor apparaît inexorablement comme le maillon faible…).  Les Gardiens de la Galaxie  et Captain America 2 étaient même des propositions de cinéma ambitieuses qui laissaient espérer un Avengers 2 plus charpenté.

Malheureusement, cette fois ci Josh Whedon (et le studio) rate le coche. Le réalisateur pêche par excès d’abondance. Cet Ere d’Ultron fourmille tellement d’éléments inhérent au Marvelverse qu’il en oublie de raconter une histoire solide. Au menu de ce nouvel épisode, une intrigue assez banale noyée sous une pluie de scènes spectaculaires… mais redondantes. La destruction pour la destruction, ça finit par être lassant les gars !

En plus, le méchant (le fameux Ultron du titre) manque cruellement de matière. C’est un comble pour une intelligence artificielle, soi-disant, hors du commun… L’ambition principale d’Ultron ressemble pourtant étrangement à celle de tous les autres Bad Guy de chez Marvel : il veut détruire la planète. Ah bon ? Comme c’est original !

Malgré ces failles, Avengers 2 n’est pas complètement dénué d’intérêt. Joss Whedon sauve la mise grâce à la beauté du spectacle. La réalisation reste fluide en toute circonstance, défiant parfois les lois de la gravité. L’ humour est le second bon point du film, il constitue le fil conducteur de ce divertissement pur jus. L’émotion pointe même le bout de son nez, grâce à la relation entre Hulk et la veuve noire. Et le personnage d’Oeil de faucon (Jeremy Renner) ne se contente pas, cette fois-ci, de faire de la figuration.

Le scénario comporte aussi quelques vraies bonnes idées, notamment quand il explore les peurs des personnages. Et il pose deux ou trois questions pertinentes autour de la morale et de l’éthique. Mais tout cela reste trop léger pour donner au film la vraie épaisseur qu’il méritait. Il ne reste plus qu’à espérer que les scènes coupées au montage par Joss Whedon changeront la donne sur le DVD.

Marianne


Photo : © Marvel 2015

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