Critique : Batman vs Superman, l’Aube de la justice, de Zack Snyder

Fans du monde entier, retenez votre souffle. Zack Snyder (Watchmen, Sucker Punch) a réalisé votre rêve : organiser sur grand écran l’affrontement de deux des plus grandes figures du DCverse. Aka Batman contre Superman. Préparez vos mirettes, car le résultat à l’écran est spectaculaire. Mais comme d’habitude avec Snyder, cette énergie finit par déborder hors du cadre. Décryptage.

Le choc des titans. Vous attendiez de Batman vs Superman, un combat mythique ? De ce côté-là, Snyder remplit parfaitement son cahier des charges. La bataille se révèle épique, tragique et aussi, avouons-le, assez jouissive. Du moins pour tous ceux qui se sont déjà posé cette question existentielle : c’est qui le plus fort entre Batman et Superman ? Snyder n’y va pas de main morte question pyrotechnie. Mais le cinéaste a compris la leçon de Man of Steel. La destruction ne doit jamais être faite au détriment de la lisibilité de l’histoire…

Traumatisme. D’ailleurs, la première partie du film utilise de manière intelligente la destruction de Metropolis opérée dans le film précédent. Le scénario a la bonne idée de nous faire revivre cette bataille depuis le sol, la où les humains ont assisté impuissants à l’anéantissement de leur cité. Bruce Wayne y compris. Cette scène est cruciale. Car non seulement on y trouve les fondements de la haine de Batman mais en plus elle convoque le traumatisme du 11/09. Le ton est donné. DC Comics n’est pas Marvel. Ce Batman vs Superman sera sombre. Une noirceur que certains lui reprochent mais qui pourtant résonne tristement avec le monde dans lequel on vit. Et qui n’a jamais dérangé les fans du travail de Frank Miller…

Le retour de Loïs Lane.  Entre un Batman vieillissant (dont la névrose de sauver la planète vient d’être mise à mal) et un superman messianique qui refuse son statut d’icone, le long métrage laisse une jolie place aux femmes. Wonder woman (Gal Gadot) fait une entrée remaquée, même si son look renvoie davantage à Xena La Guerrière qu’à l’héroine rétro qu’on connaît. Mais surtout Loïs Lane (Amy Adams) retrouve enfin sa place d’héroïne moderne et indépendante. Snyder joue même avec la capacité de la jeune femme à toujours se retrouver dans des situations dangereuses, sans lui faire perdre son individualité.

Un storytelling chaotique. Snyder essaie tant bien que mal de contenir sa fougue pompière. Au lieu de la mettre dans des effets de styles un peu lourdingues (bon je vous l’accorde, on en trouve encore quelque-uns dans L’Aube de la Justice), le cinéaste l’introduit dans des petits détails : la folie pas nette de Lex Luthor (joué par un Jesse Einsenberg en mode asile d’aliénés), les raccourcis scénaristiques mais surtout dans une séquence mi-rêve, mi-prémonition qui pourrait presque appartenir à un univers parralèle. Si on aime assez cette étrangeté, elle empêche en même le temps le film de dévoiler clairement ses enjeux.

Schizophrénique. Tout le paradoxe de Snyder est là. C’est un enfant qui s’amuse avec ses jouets, mais il le fait sérieusement. C’est imparfait, ça déborde mais honnêtement c’est fun. Et surtout c’est plus réussi que Man of Steel.

Marianne

A noter:  Batman vs Superman est la première pierre dans un édifice plus large : la Justice League. On y découvre les futurs héros du DCverse qui devrait envahir nos écrans dans les années à venir (si tout se passe comme prévu question box office) : The Flash, Aquaman, Cyborg… Désolé, mais je  pense qu’on est loin d’en avoir fini avec les affrontements dantesques. De là à dire que le monde a plus que jamais besoin de héros…

Le film en bref : Un monument de la pop culture traité par un Snyder qui a mis le frein sur ses effets de styles visuels. Même si le scénario est par moment bancal et que Lex Luthor manque de finesse, Batman vs Superman fonctionne. Les geeks du monde entier le remercie.

Photo : ©Warner Bros France

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