Critique : Bird People, de Pascale Ferran

Soyez prévenu. Bird People est un film étrange. Mais c’est surtout un film qui fait du bien à l’âme. En inventant le destin croisé de deux personnages aux antipodes, qui chacun à sa façon rêve d’évasion, Pascale Ferran fait battre le cœur des spectateurs un peu plus fort.

Pourquoi ? Parce qu’elle invite de la poésie dans notre quotidien. Même dans les transports en commun. La scène d’ouverture surprenante séduira les doux rêveurs. Quoi de moins glamour que l’univers froid et calibré d’un aéroport ? Le béton gris, le ballet incessant des avions, les chambres d’hôtel aseptisés… et pourtant la cinéaste prend le parti de réenchanter le banal. Ce lieu de transition devient un microcosme à part où tout devient possible. Surtout quand on plane au-dessus d’un terminal sur Space Oddity de David Bowie.

Sous l’œil de sa caméra, la mutine Anaïs Demoustier (Quai d’Orsay) devient une sorte de Cendrillon contemporaine et le charmant Josh Charles (The Good Wife), un prince 2.0. Même s’ils ne se croisent que très furtivement dans le film, l’alchimie est évidente.

Ne croyez pas pour autant que le long métrage ne s’inscrit pas pleinement dans notre époque. Pascale Ferran y parle de choix et de liberté, deux notions que nos contemporains négligent bien souvent, emprisonnés par la peur. Et elle le fait tout en douceur et subtilité, loin des conventions poussives de certains films français. Un seul petit reproche : la voix off utilisée dans la séquence sur Gary. Certes elle convient à l’esprit de conte de Bird People, mais elle vient souligner un propos qui n’avait pas besoin de sous-titres.

Cet aller-retour incessant entre une sorte de naturalisme contemporain et un lyrisme à la limite du fantastique fait de Bird People une œuvre unique. Que l’on aimerait voir plus souvent. Définitivement.

Marianne

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