Critique : Bis, de Dominique Farrugia

La comédie française serait-elle en manque d’inspiration. Après Camille redouble (qui était déjà un copié/collé du magnifique Peggy Sue s’est mariée de Francis Ford Coppola), Dominique Farrugia nous refait le coup du voyage dans le temps. Sauf que cette fois-ci, ce sont deux copains quinquagénaires qui se retrouvent aspirés dans le tourbillon temporel. Direction : les années 80. Les revoilà ados, béats, chevelus et le taux de testostérone à son max.

Passons vite. Bis est un film drôle (même si l’essentiel est une fois de plus dans la bande annonce). Sa narration fonctionne. Ses acteurs jouent bien. Mais il souffre d’un vrai handicap : son manque d’originalité !  Allons Dominique, toi qui nous as offert avec les Nuls des sketchs hilarants et novateurs, où est passé ton goût pour l’aventure et la prise de risque ?

En changeant deux où trois détails, en développant certaines pistes à peine ébauchées dans le scénario, Bis aurait put gagner en envergure. Un exemple ? Pourquoi ne pas avoir changé le rôle traditionnel des deux acteurs principaux. Franck Dubosc aurait pu jouer pour une fois le bon père de famille et Kad Mérad l’éternel ado. Un petit changement qui aurait donné une dynamique un peu nouvelle à cette comédie.

Par aiulleurs dans la thématique du voyage dans le temps, le plus intéressant finalement c’est l’exploration du champs des possibles. Le et si ? Dans Bis, cette dimension se réduit rapidement au traditionnel : Je dois améliorer ma vie (pour Franck Dubosc) et Je dois apprécier plus ma vie (pour Kad Mérad). Rien de bien neuf sous le soleil…

Même la reconstitution tant attendue des années 80 tombe à plat, à l’exception de quelques séquences rigolotes (l’immobilisme du téléphone fixe, le minitel, la séparation de Téléphone). Pourquoi ne pas avoir rajouté un propos vaguement politique ou même social sur cette époque ?

Bis se contente d’être un bon divertissement du dimanche soir. Un de plus. Mais, c’est déjà pas si mal.

Marianne

Photo : © 2014 Few-EuropaCorp-TF1 Films Production/Roger Arpajou

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