Critique : Blood Ties, de Guillaume Canet

Qu’est-ce qui définit ce que nous sommes ? Nos actes, nos convictions, notre famille… un peu des trois sans doute. Dans Blood Ties, le réalisateur Guillaume Canet tente de répondre à cette question au travers de la relation entre deux frères que tout oppose. L’un est flic, l’autre gangster. L’éternel dilemme. Sauf que pour raconter cette histoire shakespearienne, Canet y a mis les formes.

D’abord, il a choisi comme décor le New York des années 70. Costumes, musiques, ambiance et brushing… l’illusion est parfaite. La ville, ses bars enfumés, ses quais bondés, son poste de police défraîchi, ses maisons cosy… sont la marque des grands polars urbains comme on n’en fait plus.

Ensuite, pour sa première incursion américaine, il s’est adjoint les services de James Gray en personne (The Yard, La Nuit nous appartient et bientôt The Immigrant). Le réalisateur américain a participé à l’écriture du scénario. D’ailleurs on y retrouve plusieurs de ces thèmes de prédilection comme la rédemption, la trahison ou encore les relations familiales compliquées.

Côté casting, Canet a bien fait les choses en optant pour des acteurs de caractère, plus que sur des stars confirmées (Clive Owen, vu dans Shadow Dancer en début d’année, excepté). Billy Cudrup (un choix audacieux puisque l’acteur est blacklisté en ce moment à Hollywood), Zoé Saldana (attendue dans les Gardiens de la galaxie), Mila Kunis (la sorcière du Monde fantastique d’Oz) et Matthias Schoenarts (inoubliable Ali dans De Rouille et d’Os) se contente de laisser le charme agir, sans fioritures. Et Marion Cotillard alors ? Soyons honnête, elle frôle parfois la caricature mais elle ne se sort pas si mal de ce rôle de prostituée droguée.

Concernant la narration, Canet prend son temps. Mais contrairement à ce qu’on avait pu lui reprocher avec les Petits Mouchoirs (que Lost in Universes aime beaucoup même avec ses imperfections), Canet ne tire jamais en longueur. Aucun signe ici d’un sentimentalisme appuyé ou d’effets poseurs. Au contraire, Blood Ties fait preuve d’une belle sobriété qui laisse doucement passer l’émotion, petit à petit, sans qu’on n’y prenne gare.

Marianne

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