Critique : Boyhood, de Richard Linklater

Boyhood est une prouesse technique unique en son genre. Imaginez  un peu la tête qu’ont dû faire les producteurs de Richard Linklater quand il leur a annoncé qu’il voulait tourner un film pendant douze ans ! Ils ont dû éclater de rire. Et pourtant cette idée, simple et périlleuse à la fois, a donné naissance à l’un des films les plus beaux de cet été.

Un film humble sur la vie et le temps qui passe. Sans violence, ni de drame horrible. Centré sur des gens que l’on croise dans la rue tous les jours. Qui n’ont pas de super pouvoirs et n’appartiennent pas à la mafia. Ils traversent juste les même difficultés que tout le monde. Et se posent des questions que l’on s’est tous déjà posées. Une apparente simplicité qui met en perspective une notion essentielle dans l’art : la condition humaine.

Linklater n’est pas dans la surenchère, il se contente de son matériel de base. Mais voir vieillir les acteurs à l’écran est déjà une sensation inédite en soi. C’est comme si le spectateur partageait leur intimité. Les ellipses sont faites de manière judicieuse. Ce sont souvent les coupes de cheveux des protagonistes qui nous permettent de nous resituer.

Ce procédé, qui nous permet de voyager dans le temps de manière accélérée, a un autre avantage. En sous-texte, on y aperçoit l’évolution de la société américaine. Les références à la pop culture sont nombreuses (de Britney Spears à Harry Potter). Sans oublier l’incursion de Facebook, l’évolution des portables…

Malgré ces 2 h 45, on ne s’ennuie jamais devant Boyhood. C’est un film émouvant sur le passage à l’âge adulte porté par un jeune acteur épatant Ellar Coltrane. Dès la scène d’ouverture avec ses yeux fixant l’immensité du ciel, on est déjà conquis. Laissez-vous charmer.

Marianne

Photo : © Universal

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