Critique : Brooklyn, de John Crowley et Paul Tsan

L’Amérique des années 50 continue d’alimenter l’imaginaire collectif. Terre de liberté pour des milliers de migrants à travers le monde, naissance de the american way of life, symbole de modernité… cette Amérique mythique est au cœur de Brooklyn de John Crowley et Paul Tsan. Adapté du roman du même nom signé par Colm Tóibín, le long métrage nous amène sur les pas de la jeune Eilis, petite irlandaise sage qui part faire sa vie de l’autre côté de l’Atlantique. Mais elle va découvrir que ce n’est pas si facile d’être  loin de chez soi…

Délicatesse. Dans la reconstitution du Brooklyn de l’époque. Dans les costumes de Eilis. Dans les regards entre Eilis et ses prétédants. Il y a dans Brooklyn, une infinie délicatesse comme si le moindre détail était empreint d’une grâce céleste. Cette ambiance enchantée, pour une époque aujourd’hui disparue, a quelque chose de profondément romantique. Elle rend surtout le dilemme de la jeune femme, qui hésite entre deux hommes, encore plus tangible.

Portrait de l’immigration. Au-delà de cet univers rétro, volontairement cosy, John Crowley nous fait le récit de l’immigration aux Etats-Unis. Car si le cœur d’Eilis chancelle, ce n’est pas simplement parce qu’elle est attirée entre deux charmants jeunes hommes mais surtout parce qu’elle est tiraillée entre deux pays, deux modes de vie. Quiconque est parti vivre loin de chez soi connaît ce léger déchirement. Trouver sa place n’est pas une mince affaire mais c’est un processus nécessaire pour grandir.

Récit initiatique. Brooklyn est donc avant tout un récit du passage à l’âge adulte. Si l’histoire n’a rien d’original, on aime les choix narratifs du cinéaste. La transformation de la jeune femme (charmante Saoirse Ronan vu dans The Grand Budapest HôtelHow I Live Now) est soulignée par ses tenues mais aussi dans la manière qu’a le réalisateur de la filmer. Car ces deux mondes sont toujours présentés selon le point de vue de la jeune femme, avec ses enthousiasmes et ses craintes. Une très belle idée de cinéma.

Marianne

Le film en bref : Un récit d’apprentissage d’une extrême délicatesse qui nous fait vivre les doutes d’une jeune immigrée irlandaise dans l’Amérique des années 50. Juste et émouvant.

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