Critique : Cake, de Daniel Barnz

En un plan tout est dit. Quand la caméra se pose sur le visage de Jennifer Aniston lors de la scène d’ouverture de Cake, le spectateur est prévenu. La Rachel de Friends n’est plus. A la place, on découvre une femme sans maquillage, affichant de nombreuses cicatrices et dont les réparties amères laissent entrevoir un malaise profond.

Jennifer Aniston s’est offert ce rôle de femme meurtrie physiquement et psychologiquement. Comme Reese Witherspoon avec Wild, l’actrice fatiguée de son image de petite fiancée de l’Amérique (qui lui ferme la porte des rôles plus sombres) a décidé de produire elle-même Cake. Un film indépendant à performance… Hum c’est l’Académie qui va être contente !

Et le pari est réussi. Jennifer Aniston y est impeccable de naturel. Elle ne force jamais. Sa prestation sans failles lui a d’ailleurs valu nombre de louanges. Mais malheureusement, cela n’a pas suffit à lui ouvrir le tapis rouge des Oscars. Ironie du sort, cette année c’est Juliane Moore qui a remporté la précieuse statuette pour un rôle assez similaire. Quand ça veut pas…

En dehors de la performance de son actrice principale, Cake reste un film assez classique dans sa structure. Ce qui n’empêche pas une vraie sensibilité. Le scénario aborde avec subtilité les thèmes du deuil, de la dépendance aux médicaments ou encore de la nécessaire reconstruction. Mais jamais le film ne s’élève de son statut de production indépendante. A l’exception, peut- être, des scènes hallucinatoires où Jennifer Aniston discute avec le fantôme d’Anna Kendricks (The Voices, Into the Woods). Car on a l’impression que Daniel Barnz, le réalisateur, s’interroge sur l’étrange pouvoir du subconscient.

Le film a également le mérite de nous donner des nouvelles de Sam Worthington, devenu une icône de la culture pop grâce à Avatar. On dirait bien que lui aussi avait besoin d’une petite bouffée d’air frais avant de reprendre son rôle numérique dans la trilogie que prépare James Cameron. Cake est donc avant tout un film de comédiens. C’est ce qui fait son charme et sa faiblesse.

Marianne


Photo : © 2015 Warner Bros. Ent

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