Critique : Call Me by Your Name, de Luca Guadagnino

Le charme de l’Italie en plein été. Les années 80. Une invitation au désir. Deux hommes qui s’aiment. Et si le bonheur était aussi simple que dans le film de Luca Guadagnino ? Honnêtement on signerait tout de suite.

Dolce Vita. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans… écrivait Rimbaud. Pourtant pour le jeune Elio qui passe une fois de plus son été en Italie avec sa famille, la vie ressemble plutôt à un long fleuve tranquille fait de musique classique, de discussions sur la Grèce Antique et de flirts maladroits avec la jolie voisine. Mais l’arrivée d’un bel américain dans la demeure familiale va faire voler en éclat sa routine adolescente. Dit comme ça le pitch de Call Me by Your Name ressemblerait presque au dernier succès de la collection Harlequin. Mais il n’en est rien car Luca Guadagnino porte un regard pudique et lassif sur cette love story.

Love me do. Chaque plan de Call Me by Your Name, ou presque, tente de capter l’indicible : la montée du désir. Guadagnino est aidé par son décor latin naturellement divin et la langueur de l’été qui sont les éléments propices pour tomber amoureux. Impossible d’ailleurs de ne pas penser à l’éveil des sens de Liv Tyler dans Beauté Volée de Bernardo Bertolucci filmé en Toscane. Ce n’est pas sur ce point que le film de Gadagnino est le plus original, surtout quand il s’aventure dans une scène avec une pêche un peu trop symbolique et démonstrative. Il n’empêche Elio et Oliver (portés par la grâce de leurs interprètes Timothée Chalamet et Armie Hammer) ont la sensualité chevillée au corps.

Chagrin d’amour. Ce qu’il y a peut-être de plus touchant dans cette passion amoureuse reste son universalité. L’homosexualité, la différence d’âge ne sont jamais traitées comme des obstacles frontaux. Ou presque. Ces facteurs sociaux rendent malheureusement leur relation impossible, mais ils n’enlèvent rien à la poésie de leur union. Parce que c’était lui. Parce que c’était toi. Devant cette évidence les autres personnages, d’une sagesse réconfortante, ne peuvent que s’incliner. Le plan final d’une simplicité déchirante nous renvoie à la douleur délicate de la fin d’un premier amour. Nul besoin de rajouter quoi que ce soit..

Marianne

Le film en bref : Une passion amoureuse sensuelle et enivrante filmée dans la douceur estivale de l’Italie. L’air est connu mais la chanson reste captivante du début à la fin. Timothée Chalamet et Armie Hammer vont vous faire battre le cœur à la chamade.

Photo : © Courtesy of Sundance Institute

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *