Critique : Captain America, le Soldat de l’hiver, d’Anthony et Joe Russo

Saviez-vous que le surnom de Marvel aux Etats-Unis était la boite à idées ? Il faut dire que depuis sa création, la firme a lancé un nombre impressionnant de super-héros en tout genre. Depuis quelques années, elle applique la même stratégie sur grand écran. Peu à peu le marvelverse s’enrichit de nouvelles icônes. Des icônes qui évoluent dans le même monde, celui des Avengers. Après Iron Man 3 et Thor, le Monde des ténèbres en 2013, c’est au tour de Captain America de revenir dans une aventure solo.

Disons le tout net. Ce personnage, un peu bien pensant, qui porte le patriotisme américain en étendard n’est pas franchement notre super-héros préféré. Le premier volet, qui revenait sur les origines du personnage, manquait cruellement d’envergure. Le rebondissement final et l’évocation de l’ambiguïté de la propagande américaine durant la Seconde Guerre mondiale étaient les seuls éléments à avoir éveillé notre intérêt.

Bonne nouvelle, ce second épisode tient plutôt mieux la route. D’abord grâce à son écriture qui manie l’humour et les rebondissements avec dextérité. L’intrigue complexe ne s’appuie pas que sur une succession d’explosions spectaculaires… Merci ! Ensuite parce que la psychologie du personnage principal prend enfin tout son sens. Cet homme, perdu dans les limbes du temps, doit composer avec les nouvelles donnes géopolitiques du monde contemporain. Malin, le film n’hésite pas à dénoncer les effets pervers d’une Amérique guerrière et de l’ultra-surveillance des individus.

Mais la meilleure surprise reste sans doute la réalisation. Pourtant, les frères Russo, qui ne comptent à leur palmarès qu’une malheureuse comédie (Toi, moi… et Duprée avec Owen Wilson) et quelques flopées de séries (Community, Happy Endings) n’étaient pas franchement les candidats les plus appropriés pour redorer le blason du Captain. Mais dans les scènes de suspense ou de poursuite, ils se révèlent particulièrement à l’aise. La séquence dans l’ascenseur est une réussite du genre, aussi bien dans la tension que dans son exécution aérienne. Les deux frères utilisent la 3D comme un élément à part entière de l’image. Le but n’est pas de faire du spectaculaire ou du gadget mais plutôt de réécrire la notion d’espace et de perspective.

Bien sûr, le film n’exploite pas complètement la richesse de tous les personnages secondaires qu’il introduit, mais on sent que chacun aura droit à son moment de gloire un jour ou l’autre. On pense notamment à l’agent 13 (Emily VanCamp échappée du soap Revenge) qui fait ici uniquement de la figuration ou au Faucon (le magnétique Anthony Mackie, vu dans l’Agence et Players), qui se contente de jouer les aides de camp.

Le ton plus adulte de ce Captain America laisse augurer un Avengers, Age of Ultron plus nuancé que le premier. Les scènes bonus post-générique nous en donnent d’ailleurs un avant-goût alléchant. Rendez-vous le 25 avril 2015 pour en avoir la confirmation.

Marianne

 L’info en plus :  Comme pour Thor, le Monde des ténèbres, Captain America, le Soldat de l’hiver aura droit à un cross-over avec la série d’ABC Agents of S.H.I.E.L.D.  Les épisodes diffusés le 1er et le 8 avril 2014 seront connectés à l’intrigue développée dans le long métrage des frères Russo.

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