Critique : Captain Fantastic, de Matt Ross

Inutile de chercher dans votre collection Marvel, Captain Fantastic n’est pas le nouveau super-héros à la mode. Non, c’est un film indépendant amércain qui a remporté le prix de la mise en scène dans la sélection Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes. Son réalisateur, Matt Ross, qui signe son second long métrage n’est pourtant pas un inconnu, surtout pour les sériephiles car il incarne l’abominable Gavin Belson dans la rigolote Silicon Valley. Aujourd’hui, avec Captain Fantastic il devient un réalisateur à suivre. 

La famille de la jungle. Captain Fantastic commence par une scène de passage à l’âge adulte rituelle dans une forêt profonde. Sauf qu’en réalité nous ne sommes pas avec une tribu indigènes d’Amazonie, mais avec une famille américaine qui vit en autarcie dans la nature reculée du nord-ouest des Etats-Unis. Une fois passée la surprise, on découvre cette sorte de paradis perdu créé par un couple désireux de s’éloigner des convenances du monde. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais le décès de la mère va redistribuer les cartes pour cette famille hors-normes.

Famille et tradition. Matt Ross joue sur le choc des mondes en confrontant cette tribu indépendante à notre monde ultra aseptisé et calibré. On s’amuse devant le regard perplexe des enfants capables de disserter sur le communisme et Lolita de Nabokov mais qui n’ont aucune idée du monde réel, de ses codes et de son fonctionnement. Le match est délicat car si on envie leur liberté, on reste dubitatif quant a leur capacité à s’adapter à la réalité.  Le discours sur la force de la famille, assez traditionnel dans les films américains, prend ainsi une nouvelle dimension. Viggo Mortensen (The Two Faces of January), patriarche fier de ses convictions, est la pierre angulaire de ce dilemme. Les parents commettent des erreurs… mais sont-ils capables de changer ? se demande Matt Ross.

Des jeunes acteurs ensorcelants. Au final, Captain Fantastic se révèle être un road movie assez attachant et bien rythmé. Le long métrage peut compter sur une brochette de jeunes comédiens pleins de charme dont le naturel confondant fait des merveilles. Gorge Mackay, repéré dans Pride et dans la série de 22/11/63, dans le rôle de l’aîné pourrait bien faire parler beaucoup de lui dans les années à venir. Vous auriez tord de passer à côté de cette délicieuse pépite d’automne.

Marianne

Le film en bref : Un road movie familial et énergique qui pointe du doigt les conventions de notre monde moderne. Le tout est porté par une délicieuse bande de jeunes acteurs et dirigé par un Viggo Mortensen en pleine forme. Laissez-vous porter.

Photo : © Bleecker Street Films

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