Critique : C’est la fin, de Seth Rogen et Evan Goldberg

Imaginez un peu. Vous êtes un acteur célèbre et vous passez une soirée tranquille avec vos amis acteurs dans une de ces somptueuses demeures hollywoodiennes. Alcool, drogues et rock ‘n’ roll ? Sans aucun doute. Mais pour Seth Rogen (The Green Hornet), Jay Baruchel (Cosmopolis), James Franco (127 heures) et leur bande, cela va se transformer en apocalypse. Vraiment !

C’est la fin est donc une comédie délirante sur la fin du monde. Une de plus ? Il faut dire qu’entre Shaun of the Dead, Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare ou Le Dernier Pub avant la fin du mondele cinéma a largement exploré le sujet ces dernières années. Sauf que C’est la fin est le plus hallucinant des quatre. Surtout parce que Seth Rogen (dont c’est la première expérience derrière la caméra) et Evan Goldberg ont eu l’idée géniale de demander à tous leurs potes de jouer leurs propres rôles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette génération-là a sacrement du recul et de l’humour sur elle-même. (Mention spéciale à Channing Tatum.)

Evidemment, en réalité chacun joue un rôle : le faux gentil, le fou furieux, le looser… Mais cette dimension schizophrénique ajoute à l’ambiance de chaos total qui traverse le film. Gore mais pas trop, multi-référencé (L’Exorciste, Halloween, Massacre à la tronçonneuse…), cette joyeuse entreprise de destruction massive a, en plus, la bonne idée d’éviter la surenchère de blagues vulgaires et trash. Certains le regretteront peut-être mais pas nous.

Question propos, si on peut y voir une gentille satire sur la célébrité (il ne suffit pas de faire rire les gens pour être quelqu’un de bien !), la prose sur l’amitié se révèle salutaire, surtout dans un milieu comme celui du cinéma. Même si tout ceci est à prendre au 36e degré, les effets spéciaux apocalyptiques ne manquent pas de panache.

Une petite question pour finir. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi les trentenaires américains vouent un tel culte aux Backstreet Boys ? Après Kristen Wiig et Darren Criss dans Imogène, c’est le deuxième film à leur rendre hommage cette année. Cette madeleine de Proust aussi jouissive que nostalgique offre ici une parfaite conclusion. Kitchissime !  EverybodyRock your body…

Marianne

Vous avez trouvé le dernier Magicien d’Oz  troooop sexy ? Vous avez été fan du « sérieux » Jonah Hill dans Le Stratège ? Vous avez craqué pour Seth Rogen en Green Hornet ? Vous avez un faible pour Hermione ? Et depuis Magic Mike et White House Down, vous regardez Channing Tatum d’un œil libidineux ? Vous ne savez même pas qui, diable, peuvent bien être tous ces gens-là ? Pas grave ! Il suffit que vous soyez fan de l’Apocalypse pour courir les voir.

Car sous ses dehors blagues potaches/gays/geeks/vulgaires, C’est la fin (This is The End) est un vrai film de fin du monde qui trouve une place légitime entre le Planète Terreur de Robert Rodriguez et les visions de Hell Boy déchaîné de Guillermo Del Toro. Et qui, à certains moments, n’est même pas si éloigné que ça des univers sombres de la Route de John Hillcoat ou The Day de Douglas Aarniokoski.

Rien de tel que la fin des temps pour révéler la nature humaine, c’est bien connu. Il n’y a aucune raison que les stars hollywoodiennes fassent exception. Après que la fête VIP ait tourné au jeu de massacre, ils ne sont que quelques-uns à survivre. Et le vernis des conventions sociales vole en éclats… La mention spéciale va à Danny McBride (Kenny Powers) dont le cynisme darwinien fait merveille.

Même pour ceux qui ne saisiraient pas toutes les allusions et références, la mise en abyme est ultra-drôle (style Bill « Fucking » Murray jouant son propre rôle dans le Zombieland de Ruben Fleischer). Mieux vaut tout de même réviser un peu ses classiques ou profiter de l’occasion pour découvrir quelques bons films. A voir entre potes (cinéphiles ou pas) pour repérer l’intégralité des sous-entendus et délirer autour de quelques scènes qui devraient vite devenir cultes.

Seul, mais vrai gros, bémol : la fin, banale et plutôt (dé)moralisante. On aurait cent mille fois préféré suivre les aventures de James Franco que celles Seth Roger pour voir quel tour notre magicien préféré allait pouvoir sortir de son chapeau. On aurait peut-être eu l’occasion d’entendre les Dead Man’s Bones ou les Killers plutôt que les Backstreet Boys…

En revanche c’est juré, craché, croix de bois, croix de fer, si je mens je fais en enfer (aaaaah, vous ferez moins les malins après avoir vu le film…, ça aussi c’est promis) : le regard que vous portez sur Channing aura à jamais, et jusqu’à la fin des temps, changé… Amen.

Laurence

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