Critique : Chocolat, de Roschdy Zem

Savez-vous d’où vient l’expression être Chocolat ? On le doit au premier artiste noir que la France ait jamais eu, le clown Chocolat. Vous ne le connaissez pas ? Et pourtant cet ancien esclave a eu un parcours exceptionnel puisqu’il a fait rire le tout-Paris pendant plusieurs années avec son collaborateur Footit. Rendre hommage à cet homme oublié de tous était sur le papier une très jolie idée, d’autant que pour jouer ce clown Roschdy Zem (Omar m’a tuer, Bird People) a choisi la super star Omar Sy. Entrez dans l’arène.

Le cirque des merveilles. Premier défi pour Roschdy Zem, et pas des moindres, reproduire l’univers du cirque de la fin du XIXe siècle. D’abord itinérant à la Freaks puis raffiné dans le Paris de la Belle Epoque, le cinéaste nous immerge dans ce monde aujourd’hui disparu avec une joie assez communicative. La musique, les costumes et surtout les chorégraphies imaginées par James Thierrée (l’interprète de Footit) sont un émerveillement pour nos mirettes. Dommage que le même soin n’est pas été apporté aux scènes qui se situent en extérieur à Paris et qui laissent apparaître plusieurs fois des éléments trop modernes…

Des acteurs en pleine forme. Question casting, Zem n’a fait aucune faute de goût. Omar Sy (Jurrasic World, X-Men : days of Future Past) prête son irrésistible sourire au clown Chocolat, James Thierrée trimballe sa silhouette « chaplinesque » avec talent et Clotilde Hesme (Les Revenants) compose cette femme moderne et amoureuse avec subtilité. Olivier Gourmet et Noémie Lvovsky assurent du côté des seconds rôles.

Un cœur en demi-teinte. Malgré ce casting et cet apparat spectaculaire, Chocolat ne convainc pas complètement. Si la démarche ne manque pas de sincérité, le scénario passe pour moi à côté de l’essentiel : la relation entre Chocolat et Footit. Certes il est intéressant de souligner les transformations par lesquelles le clown noir est passé et son désir d’indépendance. Mais c’est évidemment son rapport avec le clown blanc qui est fondamental. De mentor à ami, de partenaire à tyrant, ces deux-là ne sont finalement rien l’un sans l’autre. Or le portrait qui est fait de Footit dans le film reste bien trop léger pour qu’on perçoive pleinement la relation qui les unissait… Il faudra attendre la dernière séquence pour toucher du doigt cette magie. Un peu trop tard.

Marianne

Le film en bref : Un joli biopic qui bénéficie d’un casting quatre étoiles mais qui pêche un peu au rayon des émotions. Le personnage de Footit aurait gagné à être plus développé.

Photo : © Julian Torres -Mandarin Cinéma – Gaumont

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