Critique : Cloud Atlas, d’Andy Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tyker

Cloud Atlas, (la Cartographie des nuages) est une adaptation du troisième ouvrage du romancier anglais David Mitchell par Andy Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tyker. A la base d’une idée (un peu trop ?) classique : chacun de nos choix moraux entraînera des conséquences sur notre existence  future, goutte d’eau perdue dans  l’univers toujours en mouvement de la vie.

Au tout début du film, le spectateur doit se laisser entraîner par les flux complexes que Cloud Atlas déploie. Avant de se laisser porter sans effort par un scénario très abouti naviguant du passé de l’esclavage américain au futur de l’humanité dans les étoiles en passant par les années 70. Les décors sont magnifiques (en particulier ceux de néo-Séoul), les personnages complexes et émouvants. La performance des acteurs est impressionnante. Car elle est loin d’être seulement due aux maquillages ! Un des charmes du film est d’inciter le spectateur à reconnaître quel acteur incarne quel  personnage dans chaque époque.

Une mention spéciale à Hugo Weawing (le Seigneur des anneaux) qui assume des rôles de personnages tous plus détestables les uns que les autres, en particulier l’Old Georgie dans l’île aux cannibales.

Les amateurs apprécieront les référence à  Soleil vert,  le film de science-fiction que Richard Fleischer adapta en 1973 du roman éponyme de Harry Harrison. Tous deux furent parmi les premiers à anticiper les méfaits de nos civilisations consuméristes.

Laurence

Sur le papier, l’adaptation de Cloud Atlas (Cartographie des nuages) le best-seller de David Mitchell était un sacré pari. Comment rendre justice à ce roman qui entremêle plusieurs histoires dans le temps et l’espace, toutes écrites dans des styles différents et révélant au fur et à mesure une trame sur l’universalité de l’humanité ? C’était quasi impossible. Et pourtant les Wachowski (qui ont déjà prouvé leur amour pour les univers complexes avec Matrix) épaulés par leur scénariste Tom Tyker (Le Parfum) s’en sortent haut la main.

Pour cela, ils s’appuient  sur un scénario parfaitement écrit qui entraîne le spectateur d’une époque à l’autre, en un clignement de cil. Si les premières minutes sont un peu perturbantes, l’histoire finit par s’imposer d’elle-même. Le travail de montage est tout simplement stupéfiant. Après les premières scènes d’expositions, passages obligés, on glisse d’un monde à l’autre naturellement, grâce à des transitions toujours plus fines et élaborées. Chaque univers possède ses propres codes, mais les réalisateurs ont conservé une esthétique élégante. Elle est toujours appropriée et  s’envole vraiment dans les passages futuristes et dans les années 70.

Autre tour de force, avoir réussi à ne sacrifier aucun personnage sur l’autel des effets spéciaux. De Halle Berry à Tom Hanks, en passant par Jim Strugess (Un jour), Ben Whishaw (Skyfall) et même Hugh Grant (qui joue les méchants avec une  certaine malice), le casting est au diapason.  Tous interprètent des rôles différents dans chacune des time lines, nous imposant une gymnastique  de l’esprit astucieuse, pour les reconnaître. Mais surtout ils constituent l’âme de ce long métrage.

Entre le thriller policier, le film de science-fiction, le drame amoureux, la comédie à l’anglaise ou encore la quête post-apocalyptique…Cloud Atlas est une expérience unique qu’il ne faut pas manquer de vivre sur grand écran.

Marianne

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