Critique : Comancheria, de David Mackenzie

Après une histoire d’amour dans un monde apocalyptique (Perfect Sense) et un film de prison (Les Poings contre les murs), David Mackenzie nous propose un western contemporain. Comancheria est même un western social puisqu’on y suit deux frères texans bien décidés à empêcher la banque à leur voler leur terre… en cambriolant les établissements de la banque en question !

Rêve américain. Sous cette apparence de film de braquage (ce qu’il n’est jamais vraiment), Comancheria dresse surtout un portrait assez amer de la société américaine. Le libéralisme brandit habituellement comme le bras armé du rêve américain se retourne ici contre ses disciples. Mais au Texas, les cowboys ont conservé leurs mauvaises habitudes. Rien ne vaut des flingues et deux mecs virils pour régler le problème. Loin des clichés habituels du genre, Comancheria a donc une vraie vocation sociale qui porte un regard assez lucide sur le monde d’aujourd’hui.

Esprit pionnier. David Mackenzie va même plus loin en osant faire un parallèle entre la situation actuelle (la banque qui tente de récupérer les terres des fermiers) et celle des premiers colons qui ont volé les terres des Indiens. Et cette comparaison prend encore plus de sens au Texas, terre agricole où les hommes se trimbalent tous avec un colt à la ceinture.

Frères de sang. Au-delà de ce portrait en creux de l’Amérique profonde, Comancheria propose une narration classique autour de deux frères, prêts à touy pour rétablir la justice. Leur justice. Un duo composé du chien fou Ben Foster (The Program) et du plus lucide Chris Pine (loin des préoccupations spatiales de Star Trek). Même si ces deux-là nous offrent quelques rebondissements assez prévisibles, leurs prestations inspirées sont plus que convaincantes. Tout cela manque peut-être de l’émotion des précédents films de Mackenzie, mais je suppose qu’au Texas les vrais hommes ne pleurent pas. Ils préfèrent jouer de la gâchette.

Marianne

Le film en bref : Un western social qui n’hésite pas à souligner les contradictions de l’Amérique ultralibérale. Le tout est réalisé par un David Mackenzie moins dans l’émotion que d’habitude mais toujours dans une maîtrise technique indéniable. Ben Foster et Chris Pine assurent le spectacle.

Photo : ©Wild Bunch

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