Critique : Creed, de Ryan Coogler

Le film de boxe ne serait rien sans Rocky. Film culte pour tout une génération, le long métrage écrit par un quasi inconnu à l’époque (un certain Sylvester Stallone) était une ode aux laissés-pour-compte du rêve américain. La revanche n’était pas ici à prendre sur le monde mais sur soi-même. Quarante ans après, et cinq suites plus tard, voici Creed, un spin-off réussi car il endosse avec fierté son héritage.

Transmission. Après Star Wars, Rocky est la seconde saga cinématographique à jouer la carte du passage de relais. Moins nostalgique que le film d’Abrams, Creed entend pourtant rendre hommage au premier opus de la saga en en reprenant aussi sa structure narrative autant que quelques passages obligés (les séquences d’entraînement, l’histoire d’amour compliquée…). Seule exception : la musique. Le célèbre morceau ne retentira qu’à un seul moment du long métrage, comme un marqueur sonore venant signifier que la boucle est bel et bien bouclée.

La reconquête du Père. Creed n’est pas une suite mais un spin-off. Le passage de flambeau ne passe pas par les liens du sang mais par celle de l’amitié. Car Adonis est le rejeton caché d’Apollo Creed, meilleur ami de Rocky et mort au combat face à l’impitoyable monstre soviétique. Rassurez-vous Creed ne tente pas de faire renaître le fantôme de l’impérialisme américain. C’est même plutôt le contraire qui se produit, le long métrage de Ryan Coogler (Fruitale Station) tente de revenir aux origines de la saga, quand Rocky n’était qu’un enfant pauvre de Boston. Même s’il n’est plus dans la même détresse financière, il possède la même soif de reconnaissance à laquelle s’ajoute la reconquête de la figure paternelle.

Gestion des émotions. Le point fort de Creed ? Sans aucun doute sa capacité à assumer pleinement sa portée émotionelle. L’important n’est pas ici de gagner mais plutôt de trouver sa place. Et ce n’est qu’au bout de ce long voyage ensemble qu’Adonis et Rocky trouveront enfin à nouveau leur place dans ce monde. Même si le film s’appuie quelques- fois sur des lignes narratives melodramatiques un peu poussées (la maladie de Rocky, le handicap de l’amoureuse…), le film réussit son pari : redonner un nouveau souffle à une saga née dans les années 80. Il paraît que les vrais héros ne meurent jamais…

Marianne

Le film en bref : Ce spin-off de Rocky embrasse totalement son héritage pour mieux se tourner vers l’avenir. Michael B Jordon (Les 4 Fantastiques) reprend le flambeau avec panache face à un Sylvester Stallone (Match Retour) qui n’a rien perdu de son charisme même du haut de ses 69 ans.

Photo : © 2015 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. and Warner Bros. Entertainment Inc.

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