Critique : Edge Of Tomorrow, de Doug Liman

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Le temps. C’est une donnée majeure dans le cinéma. Course contre la montre. Ellipse. Flash-back. De temps en temps, magie du Septième Art, on peut le réécrire. Bryan Singer vient de nous en donner un bel exemple avec son X-Men : Days Of Future Past. Edge Of Tomorrow explore lui le concept de boucle temporelle. Comme Bill Murray dans le sublime Un jour sans fin, Tom Cruise se retrouve condamné à revivre sans arrêt les mêmes 48 heures. Sauf que pour lui point de marmottes ou de Sonny and Cher, mais une bataille sanglante contre des extra-terrestres.

Si le film d’Harold Ramis était une fable humaniste sur le sens de la vie, le long métrage de Doug Liman est un film de science-fiction plus pragmatique. Un peu comme dans un jeu vidéo, à chaque fois que le héros meurt, il peut recommencer et à chaque fois il continue un peu plus loin dans sa quête. Pas le temps, ni pour Tom Cruise, ni pour le spectateur, de se lamenter sur son sort. Edge Of Tomorrow fait défiler les plis du temps à un rythme effréné. Le montage s’amuse avec l’effet de déjà vu pour notre plus grand plaisir. Et puis, tout à coup, sans qu’on n’y prenne gare, les émotions s’invitent. Il y a quelque chose de très triste à voir Tom Cruise assister chaque jour à la mort de la femme qu’il aime, sans pouvoir rien y faire.

Cela ne saute pas instantanément aux yeux. Et pourtant Doug Liman vient du cinéma indépendant. Avant de rebooster la carrière de Matt Damon dans la Mémoire dans la peau et d’organiser la rencontre entre Brad Pitt et Angelina Jolie dans Mr & Mrs Smith, il n’officiait que sur des petits budgets. On n’ira pas jusqu’à dire qu’avec Edge of Tomorrow, il retrouve l’esprit artisanal de ses premiers films. Non !  Mais par contre, il n’hésite pas égratigner l’image de l’armée américaine, en particulier de ses héros dont elle est si fière.

Et qui de mieux pour incarner ce personnage que Tom Cruise (Jack ReacherOblivion) ? Soit un acteur sur lequel le temps ne semble avoir aucune prise. Du haut de ses 50 ans, il en paraît à peine une quarantaine. Emily Blunt (bientôt dans Sicario) confirme elle, après Looper, son talent pour les actionners intelligents. Ces deux-là, c’est sûr, on n’est pas prêt de les oublier.

Marianne      

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