Critique : Elle l’adore, de Jeanne Herry

Ce qu’il y a de bien avec les premiers films, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. La bande annonce de Elle l’adore, signé par la nouvelle venue Jeanne Herry, donnait l’impression d’une comédie grinçante sur fond d’enquête policière . Il n’en est rien. Certes Elle l’adore comporte son lot de répliques cocasses et de situations rocambolesques. Mais ce film est avant tout un polar.

Et ce n’est pas du coté de l’intrigue que le spectateur trouvera une vraie originalité. Un peu comme dans un épisode de Colombo, le nom de l’assassin et les circonstances de la mort nous sont rapidement divulgués. Et même si la trame est bien menée, elle manque cruellement de twists et autre retournements de situation pour accrocher les fans d’enquêtes policières.

Non tout l’intérêt de cette histoire farfelue de fan qui aide son chanteur préféré à camoufler le corps de sa compagne, tient dans la confrontation entre les deux personnages principaux. Sandrine Kiberlain (Neuf mois ferme) joue à merveille les mythomanes professionnelles. Sa mauvaise fois permet à la jeune cinéaste de réaliser des scènes à la limite du surnaturel et assez jouissives. Laurent Lafitte, loin de ses rôles d’éternel maladroit, dégage ce mélange de charisme et de lâcheté qui font fondre toutes les femmes.

Si leur numéro d’acteur est mémorable, on aurait aimé que le film développe un univers plus cohérent. La réalisatrice n’explore pas suffisamment le ton décalé de son film. Elle ne cherche pas non plus à donner une dimension supplémentaire à son long métrage comme peuvent le faire certains polars sociaux, politiques ou psychologiques. Du coup Elle l’adore reste un film séduisant mais qui manque un peu de caractère.

Marianne


Photo : © StudioCanal

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