Critique : Elysium, de Neil Blomkamp

Ah Neil Blomkamp ! Le réalisateur sud-africain à qui l’on doit District 9, un long métrage de science-fiction oscillant entre le pamphlet politique anti-apartheid et le divertissement bien ficelé. Sur le papier son nouveau long métrage Elysium affiche la même ambition. Réfléchir sur la société actuelle tout en proposant une histoire apocalyptique et des effets spéciaux efficaces.

Le cinéaste s’attache à dépeindre un monde polarisé entre d’un côté les pauvres qui doivent survivre sur une terre à l’agonie et d’un autre les riches qui profitent d’un paradis dans l’espace nommé Elysium. Une belle idée qui fait écho au clivage actuel entre les pays du nord et ceux du sud, surtout sur la répression sans pitié contre ceux cherchant à traverser les frontières…

Malheureusement, l’exploration de ce nouveau monde s’arrêtera là. Certes la première partie du film qui montre un monde dirigé par des automates capables de percevoir l’ironie fait froid dans le dos. Mais une fois le héros contraint de se rendre sur Elysium, le reste de la trame narrative navigue entre des scènes de bagarre calibrées, des séquences d’émotion poussives et des rebondissements ultraprévisibles.

Pire, les autres films de SF sortis cette année étaient déceptifs du point de vue du scénario ou des personnages mais avaient tous réussi à créer des univers futuristes éblouissants. Ici point de végétation luxuriante et de créatures fantasmagoriques (After Earth) ou d’épure ultracontemporaine (Oblivion). Le spectateur devra se contenter d’une terre polluée (Le Los Angeles du futur n’est rien d’autre qu’une version recyclée du Johannesburg de District 9) et de quelques images d’une station spatiale paradisiaque. Une vision esthétique qui manque curieusement de parti-pris.

Le cinéaste se rattrape tout de même dans les scènes de bataille. Celle du milieu du film avec caméra embarquée projette soudainement le spectateur dans un jeu vidéo d’infiltration à la Spinter Cell. Un coup de maître. Enfin si Elysium tient un minimum la route c’est grâce à son casting inspiré. De Matt Damon (Promised Land) à la trop rare Jodie Foster (Carnage) en passant par le déjanté Sharlto Copley (déjà dans District 9), ils restent les vraies bonnes raisons d’aller voir cet Elysium.

Marianne

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