Critique : Enfant 44, de Daniel Espinosa

Enfant 44 où l’ histoire d’un gâchis. Sur le papier, ce projet avait tout pour être une réussite. D’abord, il s’agit d’une adaptation du best-seller du même nom écrit par Tom Rob Smith. Un page turner efficace qui nous plonge dans l’ Union Soviétique des années 50. On y suit le destin de Léo, agent de la police secrète convaincu, qui va peu à peu découvrir les failles du système qu’il défend. L’intrigue qui mélange enquête policière et background politique est solide et riche en rebondissements.

Le casting international est lui aussi impressionnant : Tom Hardy (bientôt dans Mad Max), Noomi Rapace (Quand vient la nuit) Vincent Cassel (La Belle et la Bête), Gary Oldman (La Planète des singes : l’affrontement) et Joel Kinnaman (La série The Killing). Même Daniel Espinosa, le réalisateur suédois qui a hérité du projet, est loin d’être un manche. Avec Easy Money, il avait déjà prouvé sa capacité à diriger des polars percutants et bien construits.

Seulement voilà à trop vouloir privilégier l’efficacité et le rythme, le film a perdu ce que le bouquin avait de plus précieux :  sa dimension psychologique. Tout le background autour de Léo, le personnage principal, qui expliquait son comportement et rendait l’enquête palpitante est à peine effleuré dans le long métrage.

A l’écran ne reste qu’ un thriller bien mené mais sans enjeux. Pire sans émotion. Du coup, par moment on a tendance a trouver le temps long. Un comble quand on a Tom Hardy, soit l’un des meilleurs acteurs de sa génération, en leader man… Il faudra attendre l’une des scènes finales pour enfin saisir toute la subtilité de ce personnage. Malheureusement, cela arrive un peu tard…

Je comprend mieux pourquoi le film a mis si longtemps à sortir et pourquoi il n’ a pratiquement pas été montré à la presse. L’histoire d’un gâchis…

Marianne


Photo : © SND

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