Critique : Epic : la Bataille du royaume secret, de Chris Wedge

Dans la famille de l’animation, je demande le studio Blue Sky. Les créateurs de la quadrilogie préhistorique L’Age de Glace délaissent  un peu leur mascotte Scrat pour s’attaquer à un tout nouvel univers, celui de la  forêt et de ses petits habitants. N’espérez pas y rencontrer des fées et des lutins mais des hommes feuilles, sortes de mousquetaires version miniature chargés de protéger le cycle de renouvellement de la nature. Mary Kate, jeune adolescente en deuil, va se retrouver malgré elle au cœur de cette bataille mythique entre le bien et le mal.

Premier constat, Epic est un vrai film d’aventures avec des rebondissements soignés et des personnages de caractère et attachants (le jeune Nod a des faux airs du Han Solo de Star Wars et le père de Mary Kate est un savant mélange entre le Doc de Retour vers le futur et le Wayne Szalinski de Chérie, j’ai rétréci les gosses ). Le monde développé par les artistes du studio Blue Sky est un émerveillement pour les mirettes. Fleurs, champignons et autres escargots anthropomorphes constituent un véritable bestiaire du merveilleux crédible et touchant.

D’où vient alors le sentiment de déception qui nous étreint à la fin du film ? Sans doute cette bataille épique souffre-t-elle d’une vision un peu trop manichéenne du monde qui nous entoure. Les créatures les moins gracieuses de la nature appartiennent forcément aux forces du mal tandis que les plus belles œuvrent dans le camp des bons ! Il lui manque également une réelle dimension écologique. Le vrai danger pour la forêt vient essentiellement de l’activité humaine. Il n’en sera fait aucune mention dans le long métrage. Un comble à l’heure où le réchauffement climatique est sur toutes les lèvres !

Et les quelques idées scénaristiques originales (comme le fait que ces petites créatures ne vivent pas dans la même temporalité que celle des humains) n’y changeront rien. Cette adaptation du roman de William Joyce ne dépassera jamais son statut de divertissement pour enfants.

Marianne

 

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