Critique : Everest, de Baltasar Kormákur

© Universal Pictures

Le point commun entre le cinéma et l’alpinisme ? Les deux ont pour ambition de vous transporter dans un autre monde. Sauf qu’au cinéma, vous êtes tranquillement à l’abri dans votre fauteuil… Signe des temps, Everest est à nouveau l’adaptation d’un fait divers tragique. En 1996, une expédition sur le sommet le plus haut du monde a mal tourné. Plusieurs des grimpeurs ne sont jamais revenus. Vous craignez le divertissement pathos ? Soyez rassuré, Everest, dirigé d’une main de maître par l’Islandais Baltasar Kormákur (2 Guns) évite largement cet écueil. Mais ça ne veut pas dire que vous n’allez pas pleurer…

Everest est avant tout un spectacle qui vous entraîne littéralement sur le toit du monde. Et pour se faire, la 3D est un atout précieux. Le changement de perspectives a rarement été aussi judicieux. L’ouverture du champs permet de se rendre compte que l’homme est vraiment tout petit face à la montagne. Certains plans, d’une beauté à couper le souffle, donne tout simplement le vertige.

Pourtant Kormákur ne cherche pas à faire du sensationnel. Ce spécialiste du Survival Movie (en 2012, il avait réalisé Survivre, un drame sur un homme qui avait survécu à un naufrage) met sa culture européenne au service d’une production hollywoodienne flamboyante. Ce grand écart donne un long métrage qui prend son temps pour présenter les personnages et les enjeux. Kormákur veut rendre hommage aux victimes mais n’oublie pas non plus de dépeindre un monde de l’alpinisme qui commençait à être gangréné par l’obsession de la rentabilité à tout prix.

Mais au final, l’aléatoire apparaît comme étant le moteur de ce film catastrophe. N’attendez pas le happy ending. Dans la vraie vie ce n’est pas forcément les personnes les plus sympathiques qui s’en sortent. Ne cherchez pas de morale semble nous dire le cinéaste, car il n’y en a aucune…

Même avec la distribution, Kormákur semble avoir sciemment choisi de brouiller les codes. Il donne le premier rôle à Jason Clarke (acteur brillant qui hante le cinéma américain depuis moins de 5 ans : Gatsby le magnifique, La Planète des singes, Terminator…) et fait de Jake Gyllenhaal (Night Call, Prisoners) et de Josh Brolin (Sin City II, Les Gardiens de la Galaxie) des seconds rôles plus ambigus.

Un film parfait du dimanche soir à savourer en famille bien au chaud.

Marianne

En bref : Everest est une sorte de film hybride : mi-mélodrame, mi-film catastrophe, avec la nature comme grand méchant. Il ravira les aventuriers, brisera le cœur des plus sensibles et agacera ceux qui goûtent peu à la dimension épique du 7e art.


Photo : © Universal Pictures

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