Critique : Ex-Machina, d’Alex Garland

Intelligence artificielle es-tu là ? Après le Ultron, un poil prétentieux, des Avengers 2, Alex Garland nous offre avec Ex-Machina une vision plus réaliste mais aussi plus effrayante des robots intelligents. Le scénariste de La Plage, qui semble avoir un goût prononcé pour la notion de « paradis perdu », a opté pour un huis-clos malsain, bien loin des délires complotistes du long métrage de Marvel. Dans ce bunker au milieu de nulle part, personne ne vous entendra hurler…

Attention, n’allez pas croire qu’Ex-Machina est un film d’horreur, au sens classique du terme avec jump scare  et monstre incontrôlable. Non, mais en optant pour l’unité de lieu, Garland nous invite tout de même sur le terrain de jeu du genre. Il compose un long métrage froid, qui joue sur la rectitude des couloirs vides, la transparence des parois de verre et la paranoïa technologique. Et en même temps, il ne lésine pas sur les références picturales et symboliques, puisque les œuvres de Klint et de Jackson Pollock jouent aussi une place à part entière.

Du côté des personnages, Garland a également opté pour l’épure. Deux hommes, une femme. Enfin, plutôt deux hommes, une intelligence artificielle. Oscar Isaac (A Most Violent Year) endosse le rôle du démiurge pervers et Domhnall Gleeson (Il était temps) celui du chevalier en armure blanche. La virginale Eva prend elle les traits de la jeune Alicia Vikander  (Le Septième Fils). Le jeu peut commencer.

Ex-Machina pose évidemment toute une série de questions sur le rôle des hommes vis-à-vis de leur création, sur la responsabilité de chacun face à des enjeux qui nous dépassent ou encore sur les fondements même de l’espèce humaine. La réponse qu’apporte le cinéaste à tout cela est assez maline. Sans vous la révéler, je dirais simplement qu’il fait une parabole assez savoureuse sur l’indépendance de la femme.

Une remarque pour finir. Malgré son indéniable intelligence et ses acteurs inspirés (il faut voir Oscar Isaac improviser une danse disco dans cette ambiance délétère), tout cela manque bizarrement de chair. Moralité, la déshumanisation cinématographique nuit tout de même grandement aux émotions, non ?

Marianne

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