Critique: Fantastic Birthday, de Rosemary Myers

Un premier plan dans un premier film c’est un peu comme une carte de visite. On a une première impression sur l’univers d’un cinéaste. A l’écran, l’australienne Rosemary Myers filme Greta, en plan fixe, sur son banc, dans une cour d’école où elle ne connaît vraisemblablement personne. Tout est coloré. Les personnages dans le fond sont en mouvements. Et pourtant on sent déjà tout le poids qui pèse sur les épaules de la jeune Greta sur le point de fêter ses 15 ans. Une jolie entrée en matière. On gardera la carte de visite. 

Univers théâtral. Au niveau des influences, ce Fantastique Birthday flirte entre Alice au pays des Merveilles, Max et les Maxi Monstres ou encore Wes Anderson et dans une moindre mesure avec Michel Gondry. Pour autant, la cinéaste ne fait jamais dans l’hommage direct ou le copié/collé (elle a quand même un goût pour les plans symétriques comme Gondry, mais à plus petites doses). Elle crée son propre univers peuplé de monstres bizarres en le recentrant vers une certaine théâtralité. Logique vu que le matériel original de cette histoire est justement une pièce de théâtre.

Fin de l’enfance. En imaginant les angoisses d’une jeune fille qui refuse de célébrer son anniversaire, Rosemary Myers s’interroge évidemment sur la peur de grandir. Une thématique récurrente du cinéma indépendant américain. Mais elle le traite avec une certaine fantaisie qui permet au film d’éviter le carcan habituel de ce type de long métrage. On aime particulièrement la manière dont la réalisatrice met face à face les légendes et autres souvenirs enfantins avec les problématiques prosaïques du monde des adultes.

Jolie partition. Le casting est un autre point fort du long métrage. Bethany Whitmore (Greta) et Harrison Feldman (Elliott) sont particulièrement touchants. Et on apprécie également que la plupart des seconds rôles soient si bien écrits. Ce mélange entre réalisme et allégorie déstabilisera peut-être les spectateurs les plus pragmatiques. On aurait aimé que le voyage se révèle plus épique ou plus perturbant. Mais ce que Myers réussit à faire avec un budget low-fi est plus qu’une belle promesse pour l’avenir.

Marianne

Le film en bref : Fantastic Birthday est un premier film original qui mélange Alice au Pays des Merveilles et Wes Anderson. Une fantaisie autour de la fin de l’enfance qui nous fait espérer le meilleur pour la suite de la carrière de Rosemary Myers.


Photo : © UFO Distribution

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *