Critique : Frances Ha, de Noah Baumbach

Scénariste de Wes Anderson sur La Vie Aquatique et Fantastic Mister Fox, Noah Baumbach partage avec le réalisateur iconoclaste un goût pour les personnages décalés. Son précédent long-métrage, Greenberg mettait en scène, dans un parfait contre-emploi, un Ben Stiller dépressif qui essayait de reprendre le contrôle de sa vie.

Dans Frances Ha, cette quête d’équilibre semble justement être le point clef. On y suit la danseuse contrariée Greta Gerwing (déjà dans Greenberg) qui rechigne à quitter la douce période de « l’adulescence. ». Sorte de nomade des temps modernes, elle erre de colocation en chambre d’étudiant et passe son temps à s’arranger avec la réalité.

Cette précarité existentielle ancre Frances Ha dans le paysage contemporain d’aujourd’hui. Un peu comme le fait la série Girls de HBO, les pérégrinations sexuelles en moins… Les femmes du XXIe siècle ont définitivement pris de la distance avec les stéréotypes de la génération précédente. Noah Baumbach va même plus loin puisqu’il casse la norme traditionnelle de la relation amoureuse. Pour Frances, point de prince mais une amitié en forme de miroir. Bien vu !

Entre son noir et blanc lumineux, le décor new-yorkais en toile de fonds et ses tirades humoristiques, l’ombre des premiers films de Woody Allen n’est jamais loin. Baumbach le revisite version hipster, en évitant heureusement de tomber trop dans les excès d’une démarche intello/branchée qui peut être fatigante à la longue. Son secret ? Les scènes de danse aussi viscérales que malhabiles, rendant son personnage principal suffisamment humaine pour qu’on ait envie de la suivre jusqu’au bout de ses aventures.

Marianne

Selon l’humeur du spectateur ce film charmera ou horripilera à l’instar de son héroïne principale. Les scènes sembleront hilarantes ou absolument surfaites, les dialogues décalés ou totalement creux, les personnages émouvants ou imbus d’eux-mêmes, voire insupportables de narcissisme. Bref, ce sera votre feel good movie qui vous fera croire que même si vous êtes décalé et original vous réussirez à vous frayer un chemin vers la gloire et le succès et à trouver l’amour improbable. Ou ce sera votre punching ball movie, exemple parfait du film vain, sans aucune profondeur ou intérêt, qui tente désespérément d’être drôle mais tombe totalement à plat et se prend les pieds dans le tapis de la caricature. C’est selon, à vous de voir. Franchement, j’opte pour la seconde hypothèse.

Laurence

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