Critique : Gemma Bovery, d’Anne Fontaine

Imaginez le décor : la campagne normande, une anglaise trop belle pour être réelle, un boulanger amoureux des métaphores littéraires, une liaison adultère… vous mélanger le tout et vous obtenez ce Gemma Bovery signé par Anne Fontaine (Perfect Mothers).

Contrairement à ce qui fait souvent la particularité de la cinéaste, ce Gemma Bovery ne dégage pas un parfum de soufre. Le film a plutôt les atours d’une bluette légère et mordante sur les aléas de la vie à la campagne. Sauf qu’ici Posy Simmonds, auteur du roman graphique qui a inspiré Anne Fontaine, fait plus dans le doux amer que dans la comédie pure.

Bref là où Tamara Drewe, précédente adaptation de l’auteure britannique par Stephen Frears, dézinguait les bonnes mœurs  britanniques avec talent, ce Gemma Bovery nous offre plutôt une réflexion sur la liberté des femmes d’aujourd’hui. La correspondance avec l’œuvre de Flaubert, dont s’inspire l’écrivain, est troublante. Comme si le temps et le changement des mentalités n’avaient pas eu tant que ça d’incidence sur la vie des femmes. Gemma, comme Emma, est prisonnière non pas de son époque, mais de cette recherche absolue du bonheur.

Certains y verront un film pour bobo parisiens de plus. Peut-être. Mais même si le film manque de cette délicieuse impertinence qui faisait tout le sel de Tamara Drewe, il dégage cependant un charme indéniable. Surtout que Gemma Arterton  (Hansel & Gretel : Chasseurs de sorcières, Bysantium) illumine le long métrage de sa beauté déconcertante. Et que Fabrice Luchini, plus sobre qu’ à l’accoutumé, est parfait dans le rôle du narrateur amoureux transi.

 Marianne

Photo : © Jérôme Prébois / Albertine Productions – Ciné-@ – Gaumont – Cinéfrance 1888 – France 2 Cinéma

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