Critique : Gone Girl, de David Fincher

Une femme disparaît. Une simple phrase mais qui a déjà nourrit l’imagination de milliers d’auteurs de polars. Gillian Flynn, l’auteur du bouquin original, connaît ses classiques mais a le mérite de les mettre au goût du jour. Car ce Gone Girl (sorti sous le titre Les Apparences en français) tisse une trame policière pleine de rebondissements, tout en dressant un portrait assez cynique du mariage version XXIe siècle.

Sous l’oeil pertinent de David Fincher, cette histoire de disparition palpitante n’a rien perdu de son mordant. Au contraire. Fincher pose un décor banlieusard assez banal pour mieux faire monter la pression petit à petit. Les flash-backs, les fantasmes et les retournements de situation sont légion. La mise en scène est volontairement méthodique et minutieuse… car le diable se situe dans les détails. Toutefois, le temps d’une séquence sanguinolente, assez inattendue, le cinéaste s’autorise une petite incursion du côté de Brian De Palma. Il faut bien s’amuser un peu !

Côté casting, Ben Affleck prête sa carrure impressionnante (Batman oblige) et son allure nonchalante à cet anti-héros délicieux. Rosamund Pike joue quant a elle la femme presque parfaite avec grâce. Ces deux-là nous offre un spectacle de 2 h 30 digne des meilleures parties d’échec.

Mais méfiez-vous des apparences. Gone Girl n’est pas qu’un polar. C’est avant tout un film moderne qui passe au crible la vie de couple. David Fincher le dit lui même il voit Gone Girl comme le film de rupture par excellence. Sa fin aussi frustrante que géniale (l’une des caractéristiques de la filmographie de David Fincher) devrait en faire réfléchir plus d’un ou d’une avant de se laisser passer la bague au doigt.

En recentrant l’action et en développant certains détails, David Fincher réussi également une vraie satire sur les médias. L’hystérie des masses, les faits divers qui deviennent des divertissements, les animatrices télé qui ont le pouvoir de vie et de mort, les flics qui ont vu trop de cop-shows… c’est toute notre société médiatique qui en prend pour son grade. Bien vu.

Marianne

Photo :© Twentieth Century Fox

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