Critique : Hippocrate, de Thomas Lilti

Le cinéma français commencerait-il à se regarder un peu moins le nombril ? C’est la première réflexion qui nous vient à l’esprit quand on découvre ce film qui manie aussi bien le réalisme social que la fiction bien menée. Thomas Lilti, le réalisateur, aurait-il une arme secrète ?

Oui ! Il s’y connaît autant en médecine qu’en cinéma. Car dès les premières minutes tout sonne juste dans cette histoire de jeune interne qui essaie de trouver ses marques dans l’hôpital de son père. Les décors, les dialogues, les anecdotes drôles ou émouvantes… on est dans le vécu c’est sûr. Mais ici le réalisme social n’est pas une fin en soi.

Car derrière ce décor habile, Thomas Lilti dresse un constat politique de l’hôpital français. Entre le désarroi des jeunes internes, les médecins étrangers qui prennent leur mal en patience, le manque de moyens ou encore les conditions de fin de vie et les erreurs médicales. Mais ne vous y trompez pas, le cinéaste ne fait pas un film à charge pour autant. Car Hippocrate est avant tout un film humain. Les émotions sont plus fortes que les démonstrations souvent stériles.

Du côté de la fiction, Lilti s’en sort pas mal non plus grâce à une intrigue multiple qui monte petit à petit en puissance. Mais surtout grâce à ces deux rôles principaux. Vincent Lacoste (Camille Redouble, le Skylab) et Reda Kateb (Gare du Nord et bientôt dans Lost River), tous les deux dans un génial contre-emploi, vampirisent l’écran. Le docteur House n’a plus de souci à se faire : la relève française est assurée.

Marianne

Photo : © Le Pacte

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