Critique : Homefront, de Gary Fleder

Une histoire de vengeance dans le milieu des trafiquants de méthamphétamine ne semble pas, a priori, réserver de grandes promesses de subtilités proustiennes. Surtout si elle a été écrite par Chuck Logan, scénarisée par Sylvester Stallone et que Jason Statham y joue les gros bras. Et pourtant Homefront est l’une des  bonnes surprises de ce début d’année.

Et ce d’abord grâce à un casting original. James Franco (le Monde fantastique d’Oz, C’est la fin) se révèle génial dans ce rôle de petit trafiquant de drogue prêt à tout pour jouer dans la cour des grands. Winona Ryder  (The Iceman, Black Swan) épate en interprétant une pauvre fille aux sentiments mêlés tout comme Kate Bosworth, impressionnante en soeur camée (prochainement dans Big Sur). Et si Jason Statham n’étonne pas vraiment avec cette interprétation de flic undercover qui essaie de protéger sa gamine, il retrouve ici la sensibilité dont il faisait preuve dans Braquage à l’anglaise. 

Homefront séduit ensuite par son univers très spécial, créé par une très belle photographie et des décors impeccables. Avant d’être un film par moments ultra-violent, Homefront est d’abord un film d’ambiance américain très classique qui dépeint la vie plutôt misérable des protagonistes dans cette région de bayous des Etats-Unis.

Est-ce une impression ? Les laboratoires clandestins de méthamphétamine semblent pousser tels des champignons dans ce pays, solution évidente à la crise économique. Ce n’est pas Breaking Bad qui prouvera le contraire. C’est peut-être plus ce côté critique sociale qui a fait interdire Homefront aux moins de 17 ans aux USA que la brève scène de sexe et les multiples fuck qui émaillent le langage des personnages. Par contraste, les belles scènes apaisées que partagent le père et la fille en se baladant à cheval dans les marécages viennent en magnifiques contrepoints.

Même si, malgré tout et malheureusement, l’histoire n’atteint pas les subtilités scénaristiques que sait déployer le génial Kurt Sutter dans Sons of Anarchy, Homefront est à voir pour son ambiance poisseuse made in USA et ses personnages plus qu’attachants. Avec une mention spéciale pour Luther, le chaton noir qui sait ronronner comme un moteur de Harley Davidson…

Laurence

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