Critique : How I live Now, de Kevin Macdonald

Kevin Macdonald n’est jamais là où on l’attend. Documentariste émérite, il avait fait sensation en 2006 avec son deuxième film de fiction, le Dernier Roi d’Ecosse, qui transformait Forest Whitaker (Le Majordome) en Amin Dada. Son Jeux de pouvoir, thriller politique malin, confirmait son sens du rythme et son goût pour les sujets liés aux arcanes du pouvoir.

Depuis c’est un peu la confusion dans sa filmographie. Il passe du péplum intelligent (L’Aigle de la 9e légion) au documentaire sur le plus célèbre des rastas, Bob Marley. Et aujourd’hui, il s’attaque à l’adaptation d’un best-seller d’anticipation pour la jeunesse ! Un vrai stakhanoviste, ce Kevin. Au menu de How I Live Now, une romance adolescente (sans triangle amoureux, merci), une troisième guerre mondiale et un petit soupçon de fantastique.

Commençons par calmer les ardeurs des armadas anti ou pro Twilight, le roman de Meg Rosoff est à des années-lumière des aventures vampiro-sentimentales de Stephenie Meyer. Déjà parce que l’univers de How I live Now est terriblement anxiogène et n’épargne pas ses personnages. L’ambiance bucolique et libertaire du début du film est vite balayée par une réalité sombre et froide, donc chacun paiera le prix. Ensuite parce que l’histoire d’amour ne fonctionne pas comme le cœur de l’intrigue, mais plutôt comme son moteur. Saoirse Ronan ( Les Ames vagabondes, The Grand Budapest Hotel) et George Mackay ont une alchimie évidente.

Malgré tous ses bons points, How I Live Now a du mal à convaincre complètement.La faute à un scénario qui laisse trop le spectateur dans le brouillard. Par exemple, nous ne connaîtrons jamais l’identité de ces ennemis invisibles ou quelles sont leurs motivations. Pire, même le destin de certains personnages ne nous sera pas révélé.

Pour contrebalancer ce manque d’informations, Kevin Macdonald tente bien de  jouer la carte du voyage sensoriel… sans y parvenir totalement. Pourtant sa mise en scène lumineuse mélange rêves, voix intérieures et caméras embarquées avec un certain talent. Quel dommage de n’avoir pas exploité réellement les éléments fantastiques de cette histoire. L’expérience lyrique n’en aurait été que plus intense…

Marianne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *