Critique : Hunger Games – La Révolte : partie 1

Après un deuxième épisode spectaculaire et épique, ce Hunger Games troisième du nom change de registre. Les jeux du cirque sont terminés. Les décors et les costumes flamboyants ont fait place à des murs gris bunker et des combinaisons paramilitaires. Bref ce troisième volet, coupé en deux pour répondre aux exigences du marketing, impose une ambiance de fin du monde quasi intimiste. Plutôt surprenant pour une saga qui avait beaucoup basé sa structure narrative sur l’art du rebondissement.

Mais cette austérité est loin d’être une mauvaise idée. D’abord parce que l’un des principaux thèmes d’Hunger Games a toujours été la société du spectacle. Dans ce volet, on ne détourne plus l’attention du peuple avec des combats de gladiateurs mais on essaie de gagner la guerre de l’image avec des films de propagande. Cette dimension est traitée finement par Francis Lawrence, notamment quand il réunit les deux héros, Peeta et Katniss, en face à face à travers des écrans interposés. Cette scène met en évidence la toute puissance de ce média en temps de guerre. Mais cela soulève également une question : peut-on se juger meilleur que son ennemi si on utilise les mêmes méthodes que lui ?

Malgré la force de son propos, ce troisième volet souffre tout de même d’une narration un peu bancale. Il faut dire qu’à force d’étirer les passages du bouquin, le film nous propose quelques scènes inutiles et contemplatives qui n’apportent pas grand- chose à l’histoire. Heureusement tout repose sur les épaules solides de Jennifer Lawrence (Serena, X-Men : Days of the Future Past), parfaite en figure de proue d’une guerre qu’elle n’a pas vraiment voulue. Face à elle, Donald Sutherland (The Best Offer) incarne le méchant avec une certaine délectation. Derrière son calme apparent, sa cache sans aucun doute le vrai visage d’un monstre.

Le plan final, aussi magnifique que cruel, laisse forcément le spectateur sur sa faim. Malheureusement, il faudra attendre un an pour découvrir la conclusion de cette guerre des nerfs.

Marianne

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