Critique : Hunger Games – l’Embrasement, de Francis Lawrence

Ce deuxième volet des Hunger Games – l’Embrasement (Catching Fire) de Francis Lawrence était attendu de pied ferme par les admirateurs de la saga inspirée des livres éponymes de Suzanne Collins. Plus abouti que le précédent épisode dû au réalisateur Gary Ross, encore plus sombre, cet Embrasement propulse en haut de l’affiche Katniss Everdeen, the Girl in Fire.

Francis Lawrence à qui l’on doit De l’eau pour les éléphants et Je suis une légende a parfaitement réussi à rendre l’univers opprimé du 13e district, les splendeurs du Capitole et les atrocités de l’arène de ces 75e Jeux. Se côtoient en un juste équilibre le propos politique, la critique des médias, les combats pervers, les problèmes moraux et les histoires d’amour. Jennifer Lawrence donne toute la mesure de son talent pour incarner une Katniss Everdeen plus que mitigée à l’idée de s’impliquer ouvertement comme leader dans la guerre qui s’annonce. Le président Snow (Donald Sutherland tout en élégance cruelle) réussit le tour de force à ne jamais être caricatural et Plutarch Heavensbee (Philip Seymour Hoffman, The Master) à être détestable. Haymitch Abernathy (Woody Harrelson, Seven Psychopaths) est malheureusement un peu absent de ce volet.

Un seul vrai regret : le sentiment, commun devant toutes les sagas adaptées à l’écran, de découvrir l’histoire en accéléré. Il faut imaginer un nouveau format adapté à ce type d’histoire, ne serait-ce que parce qu’à la dernière image la salle tout entière trépigne d’envie de suivre Katniss sur le sentier de la guerre. La proposition de Ron Howard pour The Dark Tower de Stephen King (films + série) serait sans doute la bonne idée à suivre.

Laurence

L’info en plus :  une mention spéciale à Trish Summerville, la chef costumière qui a travaillé également  sur The Girl With The Dragon Tatoo : vêtements de chasse ou robe de mariée, toutes ses oeuvres sont remarquables d’élégance. Son univers est à découvrir sur son site personnel.

 Hunger Games était un film efficace. Fidèle à l’oeuvre originelle, restituant cette adrénaline douce-amère que Suzanne Collins distillait dans chacune des pages de son roman. Hunger Games- l’embrasement est beaucoup plus que ça. C’est d’abord un film d’aventures comme on n’en avait pas vu depuis longtemps, fait de décors spectaculaires, de costumes incroyables (les robes de Katniss sont toutes plus belles les unes que les autres), de rebondissements rythmés (en particulier dans la dernière partie sur l’île) et de héros iconiques. Contrairement au premier volet, même les personnages secondaires réussissent à exister. Fans du roman, vous pouvez être rassurés ! Finnick  (Sam Claflin qui trouve enfin un rôle à sa mesure) et Johanna (Jena Malone) sont conformes à leurs avatars littéraires.

Mais, en plus, c’est un divertissement avec du sens. Media de masse, armée dévouée, président charismatique…le monde décrit dans Hunger Games est une tyrannie certes futuriste, mais qui résonne de manière tout à fait réaliste. D’autant que son heroïne ne tient pas particulièrement à incarner le symbole guerrier que tout le monde semble voir en elle. Elle ne cherche qu’à survivre et à protéger les siens. Comme la plupart des gens. Une caractéristique qui la rend sacrément humaine. Le film réussit ainsi à éviter cette tendance au prosélytisme moral dont sont friands les Américains.

De surcroît, Francis Lawrence a la bonne idée de ne pas épargner le spectateur. La densité psychologique des personnages a évolué, les dangers auxquels ils sont confrontés aussi. Dans l’univers d’Hunger Games, la fatalité menace de s’abattre à chaque instant.

Vous n’échapperez pas par contre à l’éternel triangle amoureux. Mais contrairement à Twilight qui l’avait institué comme le principal ressort narratif, ici il n’est qu’un dilemme de plus pour l’héroïne mais dont l’issue ne fait assez rapidement aucun doute. (C’est moi ou à l’écran comme à l’écrit Gale manque cruellement d’épaisseur ?).

La fin surprenante (pour qui n’a pas lu les romans) nous laisse exsangues et impatients de découvrir la suite. Reste à espérer que les derniers volets conserveront la même qualité. La chose n’est pas garantie puisque le dernier tome entame un vrai tournant narratif… que seul un cinéaste de talent pourra restituer.

Marianne

 

 

 

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