Critique : I, Frankenstein, de Stuart Beattie

Tous les héros de conte, super-héros et autres personnages bibliques étant réinventés, il n’y avait pas de raison que le docteur expérimenteur et sa créature échappent à la machine à moderniser hollywoodienne. Et, non, qu’on se le dise, les Américains ne sont pas tous des incultes abêtis par trop de hamburgers : ils ont lu le roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne. Il y a bel et bien une raison pour laquelle le monstre finit par prendre le nom de son bourreau et s’appeler Frankenstein.

Cela dit, le scénario inspiré du roman graphique de l’Américain Kevin Grevioux se tient, l’univers très noir est dense, les effets spéciaux sont plutôt réussis (même si le mouvement des gargouilles manquent parfois de fluidité), la très sombre photographie est à même de satisfaire les amateurs de la série vampirique Underworld (également imaginée par Kevin Grevioux). Pourquoi alors le film n’est pas aussi enthousiasmant qu’il le devrait ? Sans doute à cause de l’extrême froideur des personnages. Certes, ils ne sont pas humains sauf Terra Wessex, la belle doctoresse (Yvonne Strahovski , échappée de Chuck et de Dexter etque l’on retrouve avec plaisir). Mais même Aaron Eckhart, imposant dans les combats pour lesquels il s’est spécialement entraîné, ne tente pas d’émouvoir en créature torturée. Et Bill Nighy (Il était temps) aurait pu mieux faire en prince des démons : il était beaucoup plus terrifiant dans la peau du vieux vampire Viktor dans Underworld 2 et 3. Seul Jai Courtney (Jack Reacher, bientôt dansDivergente), le méchant qui monte, confirme son talent.

Résultat : un film dont l’univers gothique est plastiquement très réussi mais dont le ton glacial, est trop glacial pour que l’on s’y attarde plus longtemps que le temps de la séance. Certains préféreront sans doute revoir la série Underworld ou l’excellent 30 jours de nuit de David Slade dont Stuart Beattie avait justement écrit le scénario.

Laurence

L’info en plus : Ross Emery, le directeur de la photographie, avait collaboré à Wolverine : le combat de l’immortel et à Underworld 3 : le soulèvement des Lycans. Son site expose l’ensemble de son travail. Quant aux épatants vêtements gothiques à souhait, ils sont dus à la chef costumière Cappi Ireland qui avait déjà imaginé les tenues de Kill Bill et d’Animal Kingdom. Elle avait été nominée en 2010 pour ce dernier job aux Australian Film Institute Awards.

A noter : I, Frankenstein n’a (presque) rien à voir avec Frankenstein, l’adaptation de la Fox avec Daniel Radcliffe et James McAvoy (Trance).


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