Critique : Il était temps, de Richard Curtis.

Au pays du tea time et de la Queen Mum, la comédie romantique est presque une institution. Avec son humour décalé et ses personnages bigger than life, 4 Mariages et un enterrement avait imposé une patte typiquement British. Soit une comédie aussi drôle que charmante avec de vrais rebondissements. Un style initié par Mike Newell derrière la caméra et un certain Richard Curtis au scénario.

Près de vingt ans plus tard, le scénariste devenu réalisateur n’a rien perdu de son savoir-faire. Comme Love Actually et Good Morning England, Il était temps (About Time) est investi d’une aura particulière. On y suit un amoureux maladroit (la révélation Donald Gleeson, déjà aperçu l’an dernier dans Anna Karenine) qui découvre que les hommes de sa famille ont le pouvoir de voyager dans le temps. Il va utiliser cette capacité insolite pour séduire les filles ou plutôt LA fille, la pétillante Rachel McAdams (vue dans Passion et A la merveille cette année). La comédienne canadienne semble d’ailleurs s’être fait une spécialité du time traveler movie puisqu’elle jouait déjà les dulcinées dans Midnight in Paris de Woody Allen et dans Hors du temps.

Il était temps débute donc comme une comédie romantique classique avec ses grands moments : la rencontre, la première nuit, la présentation aux parents, le mariage… sauf que les capacités temporelles de notre héros lui autorisent quelques réécritures épiques et drôlissimes. Un pur bonheur narratif.

Puis dans sa seconde partie, le film prend une nouvelle direction plus inattendue sur la famille et le travail de deuil. De simple gimmick comique, le fantastique devient un moyen d’explorer le quotidien de manière alternative. Comme le montre également Inside Llewyn Davis des frères Coen, il n’est décidément pas simple d’échapper à sa destinée.

Durant le dernier quart d’heure, le cinéaste tire un peu trop sur la corde sensible. Ce n’était nullement nécessaire. Le sens du détail, l’amour pour ces personnages uniques (mention spéciale à  Lydia Wilson qui joue Kit Kat, la sœur mi-elfe mi-être humain) et la légèreté sibylline qui parcourt tout le long métrage suffisaient à faire passer l’émotion.

Marianne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *