Critique : Imitation Game, de Morten Tyldum

Connaissez-vous Alan Turing ? Si ce nom vous est inconnu sachez qu’il est pourtant en quelque sorte l’inventeur de l’ordinateur. Ce mathématicien et cryptologue britannique est notamment célèbre pour avoir réussi, durant la Seconde Guerre mondiale, à décoder la machine Enigma qu’utilisait les Allemands pour communiquer entre eux. Imitation Game revient sur ce moment clé de notre histoire puisque de nombreux spécialistes estiment que le décryptage de ce code a permis d’écourter la guerre d’au moins deux ans.

Morten Tyldum, réalisateur norvégien nouveau venu à Hollywood, réussit là où d’autres seraient tombés dans le piège du patriotisme outrancier. Bon ça ne l’empêche d’ajouter une ou deux scènes lacrymales mais cela reste acceptable. Imitation Game est d’abord conçu comme un jeu de piste géant, un combat contre la montre aussi palpitant qu’angoissant. Le rythme du montage est soutenu un peu comme un sablier géant qui tournerait sans cesse sur lui-même. Puis dans sa seconde partie, le long métrage nous plonge soudain dans le monde de l’espionnage avec ses codes classiques fait de mensonges et de manipulations. John le Carré n’aurait pas mieux fait.

Mais la vraie perle de ce film est Alan Turing lui-même. Ce génie capable de décrypter les codes les plus complexes conçus par l’être humain était en même temps incapable de comprendre les principes de psychologie élémentaires. Un vrai anti-héros de cinéma !

Benedict Cumberbatch (Le Hobbit, Star Trek Into Darkness) réussit à s’approprier le charme unique de cet homme qui a changé sans le savoir l’avenir de l’humanité. Ses relations avec les membres de son équipe, dont le charismatique Matthew Goode et la sensible Keira Knightley (qu’on est content de voir dans autre chose qu’une comédie romantique) permettent à l’émotion de grandir petit à petit… Surtout qu’on peut lire dans leur histoire toutes les failles d’une Angleterre encore trop conservatrice et intolérante.

Passionnant, rythmé et émouvant, Imitation Game est le parfait hommage que l’on pouvait rendre à Alan Turing. Un hommage un peu tardif, sans doute plein de petites approximations historiques, mais qui a le mérite de remettre les choses à leur place.

Marianne

Photo : © SquareOne Entertainment

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