Critique : Interstellar, de Christopher Nolan

© Warner Bros Entertainment/ INTERSTELLAR

Interstellar est un dilemme pour les critiques. Comment retranscrire en quelques centaines de mots l’expérience unique que constitue ce long métrage ? Et le tout sans trop en dire ? Sans en dévoiler la quintessence… Christopher Nolan ne nous facilite pas la tâche. Mais c’est aussi pour ça que l’on aime ses films !

Pour résumer, sachez qu’Interstellar parle de beaucoup de choses. De la fin du monde, de l’amour filial, de l’exploration spatiale, de la robotique, de la théorie quantique et de la gravité. Mais c’est aussi tellement plus que ça…

Il est amusant de constater que l’âme de Stanley Kubrick et celle de Steven Spielberg planent, de manière plus ou moins consciente, sur le long métrage. Quand on filme l’espace, difficile d’échapper à la référence incontournable que constitue 2001, l’Odyssée de l’espace. Mais Nolan le fait avec délicatesse, comme s’il souhaitait s’en éloigner le plus possible. D’un point de vue formel, ne vous attendez donc pas à valser dans l’espace. Nolan a essayé de gommer toute trace d’esbroufes visuelles. Il se contente d’un cadre sobre et bien travaillé qui saisit ce qui doit être saisi au bon moment. Même le robot TARS est la parfaite antithèse du maléfique HAL de 2001, pourtant sa forme n’est pas sans rappeler le fameux monolithe. Mais c’est surtout dans les développements autour de l’espace temps que l’influence de Kubrick est indéniable.

Concernant Spielberg, sa présence est plus diffuse. Pourtant, il est le premier à avoir envoyé un père de famille dans l’espace  (Rencontre du troisième type) et son cinéma explore depuis longtemps les liens familiaux et plus précisément le rapport au père. Mais Nolan n’est pas aussi doué avec les émotions que le papa d’E.T. Il se révèle même un peu maladroit dans des séquences où Spielberg nous aurait fait pleurer à la première note de piano. Mais n’allez pas croire qu’Interstellar n’est pas un film émouvant, car sous son apparente coquille froide, l’émotion éclot petit à petit de manière sourde et imperceptible. Et croyez-moi, on en ressort pantelant et un peu groggy avec l’impression d’avoir assisté à un grand moment de cinéma.

Le temps est, selon moi, la vraie thématique d’Interstellar. Comme il l’était d’ailleurs en partie dans Gravity. Sauf que cette fois-ci l’urgence ne concerne pas que les seuls astronautes mais la planète tout entière. Le temps n’agit pas ici comme un simple métronome, non il redéfinit les lignes de la narration. En faisant cela, Nolan s’interroge aussi sur notre condition d’être humain, rendant chaque minute de notre vie plus précieuse qu’auparavant. Certains trouveront peut-être cette réflexion angoissante, mais c’est pourtant ce qui rend si unique notre existence.

Marianne

Photo : © Warner Bros Entertainment

3 Responses to Critique : Interstellar, de Christopher Nolan

  1. antoine missirliu dit :

    jolie critique chère Marianne. Elle donne magnifiquement envie de voir ce film. OK OK on y va !!! (de toute façon Alain ne me donne pas le choix)

  2. Baillon dit :

    Moi, je vais acheter une télé immense pour le revoir des sa sortie en DVD
    A. B

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