Critique : Iron Man 3, de Shane Black

Admettons-le tout de suite. Je ne suis pas une fan d’Iron Man. Non pas que le personnage n’ait pas d’intérêt. Robert Downey Jr. y imprime même sa nonchalance avec talent. Mais les deux premiers films manquaient d’un vrai univers filmique, se contentant d’être des divertissements rutilants.

Débarrassé de son réalisateur fan boy (Jon Favreau, qui joue un second rôle dans le film), Iron Man 3  prend clairement une nouvelle dimension. Il faut dire que le nouveau capitaine se nomme Shane Black. Soit le scénariste incontournable de tous les films d’action des années 80 (L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain…), ayant une petite faiblesse pour les héros torturés.

Justement, quand le long métrage commence, Tony Stark est traumatisé. Suite aux événements dépeints dans Avengers, il a perdu le sommeil. Pire, il souffre de crises d’angoisse. Son double d’acier semble être tout ce qui lui reste.

« Qui est l’homme derrière le masque ? » Voilà clairement la question que pose ce troisième épisode qui voit notre héros privé de sa précieuse armure  pendant une bonne partie du film. Shane Black revient ainsi aux fondamentaux, nous imposant une dichotomie entre l’être humain et la machine.

Rassurez-vous, malgré cette dimension psychanalytique, Iron Man 3  conserve son statut d’Entertainment Movie. Entre deux métaphores existentielles, le film nous offre des scènes d’action spectaculaires et haletantes. Contrairement à beaucoup d’exécutants hollywoodiens, Shane Black ne se contente pas de noyer le spectateur sous une masse d’effets pyrotechniques. Il prend soin au contraire de soigner son image pour qu’elle conserve toute sa lisibilité.

Concernant l’aspect humoristique du personnage, le cinéaste semble étrangement avoir perdu un peu de sa maîtrise. Le cynisme qui a fait sa marque de fabrique est toujours présent et certaines répliques font mouche. On appréciera particulièrement la satire d’une Amérique guerrière qui ne s’assume pas, au travers du  personnage de War Machine, rebaptisé Iron Patriot pour ne pas heurter les bonnes consciences… Mais ces petites touches humoristiques viennent aussi souvent rompre l’intensité dramatique de certaines scènes. Comme si le réalisateur venait nous rappeler sans cesse que tout ceci n’est que du cinéma…

Ce n’est pas le seul défaut de ce troisième épisode. Entre une intrigue un peu simple à résoudre et un méchant de pacotille, le scénario ne fait pas toujours dans la subtilité. Toutefois, cet Iron Man 3 est sans aucun doute le plus réussi des trois. Ne manquez pas sa scène de post-générique, savoureuse, qui fait le lien avec la nouvelle stratégie narrative de Marvel. Vivement la suite !

Marianne

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