Critique : It Follows, de David Robert Mitchell

Le film d’horreur est devenu une institution. Avec ses codes, ses effets de style, ses séquences gore, ses passages obligés. C’est parfois si bien rodé, si prévisible que le spectateur en oublie le principal : avoir peur. It Follows s’amuse justement de ce petit guide du parfait film d’épouvante. David Robert Mitchell, jeune auteur à qui l’on doit l’excellent drame The Myth of the American Sleepover, revient aux sources de la terreur.

Leçon numéro 1 : Travailler son sens de l’épure

Amateurs de gore, It Follows n’est pas pour vous. A l’exception de quelques séquences furtives, comme ce plan génial d’une jeune fille littéralement cassée en deux, l’hémoglobine est pratiquement absente du long métrage. Du coup, le cinéaste se concentre plutôt sur la peur elle-même. Ici , il s’agit d’une force maléfique qui vous suit partout où vous allez. Elle prend son temps mais comme la Faucheuse elle finira par vous avoir. Glaçant.

Leçon numéro 2 : Rester maître de sa caméra

Même si le cinéaste refuse de tomber dans les effets de manche un peu artificiels du cinéma d’horreur, il maîtrise parfaitement le scare jump. Un verre qui tombe, une poignée qui tourne, un mur qui s’écroule… et vous voilà terrifié. Plusieurs séquences font preuve d’une véritable maestria visuelle, à l’image de ce plan à 360 ° dans un lycée vide qui introduit de manière anodine la menace dans un lieu à priori rassurant. Les plans séquences en caméra subjective sont d’une efficacité redoutable.

Leçon numéro 3 : Connaître ses classiques

Ce qui est intéressant dans It Follows, c’est également le sous-texte. La malédiction s’attrape en faisant l’amour. David Robert Mitchell joue avec la fin de l’innocence, thématique classique des films d’horreur. Même la figure parentale est malmenée avec un certain cynisme. Mais contrairement à d’habitude, les jeunes se battent et se révoltent, refusant leur destiné funeste. Ils ne font pas toujours les meilleurs choix, mais en même temps les héros restent des adolescents. Donc par définition, ils ont encore beaucoup à apprendre non ?

Leçon numéro 4 : Ajouter une pointe de réalisme

En prenant le parti pris d’opter pour de jeunes acteurs sans artifice, le réalisateur mise sur une approche légèrement naturaliste bienvenue. Parce qu’ils nous ressemblent, l’identification est plus facile et donc la peur plus grande. David Robert Mitchell parvient même à tisser les liens d’une histoire d’amour délicate dans un monde où la rationalité semble avoir totalement disparu.

Bon, par contre, ne rêvez pas, vous n’aurez pas la réponse à toutes vos questions. Mais peu importe car It Follows est sans conteste le meilleur petit film d’horreur que l’on ait vu depuis longtemps.

Marianne

Photo : © Metropolitan FilmExport

One Response to Critique : It Follows, de David Robert Mitchell

  1. Botizok dit :

    Un bon film d’horreur!

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